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SAM 2014 – Retour d’expérience

S’adresser à sa cible

Traducteurs : prévisionnels 2014

À la recherche d’un stage de traduction ?

SAM 2014 – Retour d’expérience

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Le 10e Séminaire d’anglais médical s’est déroulé à Lyon du 24 au 28 mars derniers. Comme c’était la première fois que j’y participais, j’avais vraiment envie d’écrire un petit retour d’expérience pour souligner et partager tous les enseignements que cette semaine de formation m’a apportés.

Savoir

Des conférences absolument passionnantes animées par des orateurs captivants sur la cancérologie, l’épidémiologie, les thérapies par cellules souches, l’anesthésie et la réanimation ou encore l’endocrinologie.

Même si ces thèmes ne touchent que peu mon domaine de prédilection, mieux comprendre leurs mécanismes et spécificités va sans aucun doute m’aider à avoir une vision plus globale du contexte médical des documents que je traduis.

Culture générale

Je garde un excellent souvenir de la visite du musée d’anatomie. Outre les curiosités conservées dans des bocaux (oui, oui, comme dans les films), j’ai découvert avec grand intérêt l’histoire des techniques de conservation des spécimens et de l’évolution des connaissances en anatomie.

Savoir-faire

Pour moi qui n’ai pas l’habitude de travailler en groupe (comme la plupart des traducteurs indépendants, j’imagine), l’exercice de traduction en équipe constituait en lui-même un défi. Cela m’a donné l’occasion de sortir de ma zone de confort en observant d’autres méthodes de travail, en essayant des formulations que je ne manie pas forcément au quotidien, en réfléchissant à plusieurs d’une part au sens du texte source (loin d’être clair, comme souvent dans la vraie vie) et d’autre part à la meilleure manière de le restituer… J’ai aussi pu ajouter des glossaires et ressources inconnus à mon arsenal quotidien.

Réseau

Rencontrer ou retrouver des collègues qui partagent mon intérêt pour la formation professionnelle, envisager la possibilité de collaborations ponctuelles pour répondre aux besoins de certains clients et/ou simplement sympathiser…

Si je devais résumer cette formation en un mot, ce serait « enrichissante ». Et je recommande vivement aux traducteurs médicaux qui travaillent avec l’anglais d’y participer ! Et de ne pas oublier de passer une soirée dans un bouchon lyonnais de la rue des Marronniers ;)

Sophie, le 16 avril 2014

S’adresser à sa cible

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Comme chaque année à cette époque, je vais participer au forum de l’orientation de Vendôme dans quelques jours. Inspirée de mon expérience, je réfléchis à ce que je vais pouvoir dire aux visiteurs, pour qu’ils comprennent ce métier. Face à des élèves de 3e, c’est un plus compliqué qu’avec des lycéens ou des étudiants.

Précaution : ce billet ne parle pas des quelques élèves authentiquement inspirés par les métiers de la traduction. Ceux-là posent leurs propres questions et il est assez facile de leur répondre. L’auditoire qui me pose problème est constitué d’une majorité de jeunes qui ne semblent pas se sentir encore très concernés par leur orientation professionnelle et donnent l’impression d’être simplement obligés de prendre des notes calibrées sur un certain nombre de professions et de faire signer la fiche justifiant leur passage sur notre stand.

Cette année je l’avoue, j’étais un peu découragée à l’idée de prendre une journée de congé pour débiter un discours qui n’intéresse pas mes interlocuteurs. C’est au moment où j’ai commencé à me sentir dans la peau d’un prof mal-aimé que ça m’a frappée : c’est à moi de réussir à les intéresser. Finalement, c’est la même démarche que dans un salon de réseautage où l’on essaie de décrire notre métier d’une manière à la fois concise et qui donne envie d’en savoir plus.

Je remonte donc mes manches pour réfléchir aux questions que vont me poser les élèves, et surtout aux réponses que je vais donner. Je partage ici ces réflexions et tâtonnements parce que cette démarche peut être extrapolée à n’importe quelle cible : clients, relations professionnelles, rencontres diverses… tout est bon pour avoir un discours clair sur ce métier méconnu. Pour susciter l’intérêt, il faut commencer par comprendre ce que notre interlocuteur attend et ce dont il a besoin. Il « suffit » ensuite d’adapter son propos.

Bien sûr, je suis preneuse de vos idées !

Commençons par le commencement, qui est ma cible ?

Un adolescent de 14 ans.

Que veut-il savoir ?

Il veut avoir une idée générale claire de ce métier pour savoir si a priori il a envie ou non de creuser la question, s’il va ajouter « traducteur » à sa liste personnelle de métiers possibles.

Voyons ses questions à présent (ce sont toujours à peu près les mêmes).

En quoi consiste le métier de traducteur ?

Il s’agit de permettre à tous ceux qui ne connaissent pas une langue donnée de profiter des contenus existants dans cette langue : livres, films, interfaces de logiciels et d’applications, publicités, articles de presse, manuels d’utilisation, lois, brevets, (continuer tant que l’attention de l’élève se maintient).

Quelles sont les qualités principales requises pour être traducteur ?

L’ouverture d’esprit et la curiosité, la rigueur et la discipline, une bonne culture générale, le souci du détail, la parfaite maîtrise de sa langue maternelle, le perfectionnisme, (continuer aussi longtemps que l’attention se maintient).

Quelles études faut-il faire pour devenir traducteur ?

Avant le bac, peu importe.

Il est intéressant de s’inscrire dans une section européenne.

Je pense que l’élève a tout intérêt à choisir une filière qui lui plaît. Il apprendra plus facilement les matières qu’il utilisera plus tard dans sa vie professionnelle.

Après le bac, une école de traduction est recommandée. De même que des séjours prolongés à l’étranger.

Combien gagne un traducteur ?

Difficile question, n’est-ce pas ?

Je répondrais volontiers qu’un traducteur compétent, non seulement en traduction mais aussi en relations commerciales peut gagner sa vie très bien.

Un excellent traducteur qui ne parvient pas à communiquer sur son talent s’en sortira plutôt pas mal, mais a intérêt à être salarié.

Un traducteur médiocre, sans surprise, aura du mal.

À quoi ressemble la journée d’un traducteur ?

Pour un traducteur salarié, c’est le rythme de n’importe quel travailleur.

Pour un indépendant, les horaires sont plus souples, dans les deux sens : il peut commencer à midi s’il est lève-tard, mais pour travailler à plein temps, il lui faudra compenser en travaillant tard le soir, et/ou le week-end.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

La variété des sujets sur lesquels je travaille, même dans ma spécialité. Au hasard de mes recherches, je découvre toujours des informations intéressantes, j’apprends en permanence de nouvelles choses.

La satisfaction de faire quelque chose que j’aime et que je fais bien.

La reconnaissance de mes clients qui apprécient mon travail.

La possibilité de prendre un jour de congé quand j’en ai besoin, de décider de mes horaires de travail.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut devenir traducteur ?

Restez ouverts, ne tenez jamais rien pour acquis, recherchez toujours la perfection. Voyagez, découvrez d’autres cultures, soyez curieux, lisez, (continuer tant que…)

 

Et vous, quels conseils donnez-vous à des élèves de 3e ?

Quelles informations auriez-vous aimé recevoir à ce stade de votre scolarité ?

Sophie, le 3 février 2014

Traducteurs : prévisionnels 2014

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Une fois n’est pas coutume, j’ai préparé mes classeurs comptables et prévisionnels avant le 1er janvier. Les voici donc, à votre disposition. Si vous y rencontrez des défauts, n’hésitez pas à me le dire pour que je corrige la version en ligne !

Pour une description de l’outil de planification : cliquez ici ou encore là.

Pour une description du prévisionnel comptable : cliquez ici.

Pour télécharger ces deux fichiers, c’est par ici.

Je vous souhaite une année riche de succès et de bons moments !

Sophie, le 27 décembre 2013

À la recherche d’un stage de traduction ?

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Cher futur traducteur à la recherche d’un stage chez un indépendant,

ce billet rassemble quelques conseils subjectifs pour que ta candidature retienne l’attention d’un maître de stage en général et la mienne en particulier. Je fais volontairement l’impasse sur l’intérêt de chercher un stage en agence de traduction. J’ai plutôt envie de répondre, en bloc, aux multiples demandes de stage que j’ai reçues au cours de ma carrière, puisque je meurs d’envie, grâce à mon changement d’organisation, de recevoir des stagiaires à l’avenir.

Je voudrais t’aider à te projeter dans ce stage, qui t’est souvent imposé au cours de tes études et peut même, si j’ai bien compris, conditionner l’obtention de ton diplôme.

D’abord, voilà comment je conçois un stage de traduction qui soit à la fois utile au futur professionnel que tu es, et enrichissant pour moi. Je n’attends pas d’un stagiaire qu’il rende un travail parfait. Je sais bien qu’il est là pour apprendre et découvrir comment devenir performant et, plus tard, rentable. Lorsque je donne un texte à traduire à un stagiaire, j’attends de lui qu’il me pose des questions. Pas les questions dont il peut trouver la réponse tout seul sur Internet ou dans des dictionnaires. Non, les questions pointues, de terminologie par exemple, les incertitudes quant à une faute de frappe éventuelle, les incompréhensions profondes qu’il n’a pas réussi à éclaircir seul. Je suis là pour ça, pour lui suggérer de nouvelles pistes de recherche, pour lui montrer comment je m’y prends pour éliminer 100 % des incertitudes. L’ « à peu près », en traduction, est une faute impardonnable (j’y reviendrai dans un prochain billet).

Sauf urgence du vendredi 31, je sais me rendre disponible pour écouter les interrogations du stagiaire. Je suis ouverte à ses réflexions lorsqu’il cherche la meilleure formulation, prête à mettre mon grain de sel, à discuter, à me laisser convaincre.

Ensuite, lorsqu’il a terminé sa traduction, j’attends de lui qu’il la trouve parfaite. Sinon, c’est qu’elle mérite encore du travail. Lorsque le résultat est ce que le stagiaire peut produire de mieux, je me penche à mon tour dessus. Je fais une relecture approfondie, à la fois de la rédaction en français et en comparant le texte source à la traduction, pour être certaine que tout y est, et que rien ne manque. Et ce faisant, je prends des notes. À l’époque où je travaillais moi-même avec un mentor, il appelait avec humour cette compilation les « remarques désagréables ». Bien sûr, ça a un côté désagréable de s’entendre dire qu’on a mal traduit/compris/exprimé une idée. Mais si personne ne nous le dit, comment progresser ? Je passe donc beaucoup de temps à expliquer pourquoi j’ai fait telle ou telle correction. Si nécessaire, je donne des sources. Ce document est précieux, c’est lui qui permet au stagiaire de savoir ce qu’il doit changer pour améliorer son travail. Je le vois comme un outil indispensable, et je m’efforce d’enrober mes « remarques désagréables » pour en faire des instruments d’apprentissage et non des vexations inefficaces.

Mon objectif en recevant un stagiaire est que l’expérience soit intéressante et riche d’enseignements pour tous les deux.

Je peux aussi enseigner au stagiaire comment utiliser Trados 2007 et Studio 2011, et dans quels cas il est important de s’en passer. Comment utiliser MultiTerm pour gérer ses glossaires et en tirer pleinement parti en toutes circonstances. Comment gérer son planning.

Que faut-il savoir pour donner toutes les chances à sa demande de stage auprès d’un traducteur indépendant ?

Le traducteur indépendant est surchargé de travail. Si ce n’est pas le cas, il est épouvantablement stressé et consacre tout son temps à chercher de nouveaux contrats. Bref, il est rarement très disponible.

Recevoir un stagiaire pour plusieurs semaines, c’est un investissement de temps non négligeable. Donc une perte de chiffre d’affaires. Et un investissement financier si on s’équipe d’une licence supplémentaire pour un outil de TAO. On est très loin des sujets du JT sur les entreprises qui exploitent des stagiaires au lieu d’embaucher des salariés.

Le traducteur indépendant est une personne. Il a besoin qu’on lui donne envie de faire ce gros effort. Même si, comme moi, il est motivé pour transmettre et enseigner ce métier qui le passionne. Tu dois lui montrer ce que ta présence va lui apporter, qui compensera les inconvénients qui le retiennent. Il faut le convaincre que l’expérience sera positive pour lui aussi.

C’est une bonne chose de vanter tes compétences et tes notes éblouissantes. Mais le faire sans faute d’orthographe évitera à ta lettre de motivation de partir directement à la corbeille.

De même, (je me rends bien compte que je suis impitoyable, mais après tout mon investissement est à ce prix) ça ne sert pas à grand chose de dire : « Je suis très motivé ». Pour retenir mon attention par exemple, raconte-moi pourquoi tu as envie de travailler avec moi. Tu peux trouver mon CV, en cherchant un peu, sur Proz par exemple. Ou mes spécialités sur le site d’Aprotrad. Dis-moi lesquelles t’intéressent particulièrement, et pourquoi.

Avant de m’engager à travailler dans le même bureau qu’une personne que je devrai former, j’ai besoin de croire qu’on va bien s’entendre, qu’on a des centres d’intérêt communs, etc.

Bien sûr, il faut aussi que tes langues de travail soient les mêmes que les miennes. Si tu as tous les atouts mais es spécialiste du nucléaire et traduis de l’allemand vers le russe, ça ne va pas être possible… De même, si tu es attiré par l’édition, ne perds pas de temps à contacter des traducteurs techniques, à moins que tu veuilles te rendre vraiment compte de ce qu’on fait dans ce milieu.

En résumé, le traducteur indépendant a beau vivre dans une caverne, il aime qu’on lui montre qu’on s’intéresse à lui. C’est pourquoi les courriels commençant par « Madame, Monsieur, je dois faire accomplir mon stage de fin d’études en entreprise et votre agence a retenu mon attention… » sont immédiatement étiquetés « indésirables ».

Finalement, c’est un très bon entraînement pour le travail commercial que tu auras à accomplir plus tard, si tu choisis d’exercer en indépendant : là aussi, il te faudra passer du temps à connaître ton prospect et à le séduire pour qu’il devienne ton client et le reste.

Chers futurs traducteurs à la recherche d’un stage auprès d’un indépendant, est-ce que ces réflexions vous sont utiles ?

Chers collègues et confrères, avez-vous d’autres suggestions et/ou conseils à prodiguer ?

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Sophie, le 10 juin 2013