Certification Voltaire

Vous connaissez peut-être mon intérêt pour l’orthographe, la grammaire et la syntaxe françaises. Dans un article du JDD publié ces jours-ci, je découvre avec ravissement un projet qui pourrait bien devenir ma nouvelle marotte, j’ai nommé le Projet Voltaire, et plus précisément la Certification Voltaire.

Postulat de départ : « l’orthographe se perd », « les jeunes ne savent plus écrire » (les commentaires de l’article du JDD sont édifiants), mais surtout, une mauvaise maîtrise des règles de français est préjudiciable aux entreprises (lire à ce sujet le rapport de Sue Anderson-Lenz qui démontre la forte influence de la qualité rédactionnelle sur les décisions d’achat), et par conséquent aux candidats à l’embauche.

Solution proposée : la Certification Voltaire sanctionne un examen de 2h30 composé d’une dictée et d’un QCM de 240 questions. Comparable au TOEIC en anglais, il permet d’arborer fièrement son niveau d’orthographe sur son CV.

Le nombre de points maximum est 1000 et l’échelle de lecture du résultat est la suivante :

300 points : aptitudes pour rédiger sans fautes des textes simples

500 points : aptitudes pour rédiger sans fautes des textes élaborés et nuancés

700 points : référent, aptitudes pour relire et corriger les textes de ses collaborateurs

900 points : expert

Je ne suis pas sûre que cette certification soit vraiment un plus pour un traducteur professionnel qui a d’autres références à présenter à ses prospects ou à ses employeurs potentiels.

À titre personnel, j’ai très envie de passer l’examen, histoire de. Et si j’obtiens moins de 900 points, j’abandonne ce métier pour aller faire pousser des chèvres en Ardèche je ressors mon Bled et mon Bescherelle et je les potasse jusqu’à ce que cet objectif soit atteint.

Mais tout de même, ce phénomène me conduit à m’interroger sur le niveau des élèves en général. Le responsable du projet Voltaire déclare : « Avant, l’orthographe était un acquis, maintenant c’est une compétence recherchée par les entreprises. » Ce qui me chagrine, c’est que je crois qu’il a raison. Et cela me donne le sentiment que nous avons perdu quelque chose, depuis la dernière génération. Sans être passéiste et tomber dans des discours du type « l’éducation, c’est plus ce que c’était ! », je me demande si ça ne vaudrait pas le coup d’essayer de comprendre d’où vient vraiment cette baisse de niveau.

Est-ce que le nombre de personnes ayant un très bon niveau d’orthographe est resté sensiblement le même, mais le nombre de bacheliers ayant augmenté, le taux de bacheliers bons en orthographe a baissé ?

Ou est-ce que, par rapport à la population adulte, le nombre de personnes ayant un très bon niveau d’orthographe a reculé ?

Quoi qu’il en soit, même si l’apparition de ce type de certification et de programmes de coaching en orthographe met en lumière un problème qui n’existait pas il y a 20 ans, je trouve ces initiatives positives, et j’espère qu’elles seront utiles aux personnes qui souffrent d’avoir une maîtrise insuffisante des règles du français.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

17 commentaires sur “Certification Voltaire”

  1. Babeliane dit :

    J’avais justement la même idée de billet pour mon blog… mais pas encore eu le temps de l’écrire !
    L’idée est bonne, mais elle fait surtout apparaître que l’enseignement que l’on reçoit n’est, soit pas suffisant, soit pas suffisamment bien assimilé pour que chacun conserve un bon niveau d’orthographe.
    La certification Voltaire est en effet une initiative privée, et quelques grands recruteurs commencent à s’y intéresser paraît-il.
    En tant que traducteurs, nous pratiquons la lecture et la rédaction tous les jours, mais il faut bien se dire que ce n’est pas le cas de la majorité des gens.

  2. Anne dit :

    Cette certification m’intéresse beaucoup. Concrètement, comment passer l’examen ?

  3. Sophie dit :

    A Babeliane : je suis surtout frappée de constater que le niveau d’orthographe et de grammaire est devenu suffisamment faible pour susciter de telles initiatives. Je n’ai pas trouvé la date de création de cette certification, mais il semble que le projet Voltaire existe au moins depuis 2008. Je suis curieuse de voir si ces programmes vont se multiplier et s’ils apporteront vraiment quelque chose aux candidats.

    A Anne : toutes les explications sont sur le site de la certification : http://www.certification-voltaire.fr/. Concrètement, il faut sélectionner la ville où l’on souhaite le passer (il y a une douzaine de centres d’examen en France pour l’instant), puis sélectionner une date et s’inscrire en ligne.

  4. Je me permets de prendre la parole pour apporter quelques précisions.

    Mon sentiment est que le métier de traducteur nécessite plusieurs compétences fortes, et la maîtrise de l’orthographe en est une. Mesurer cette compétence et l’afficher sur son CV peut avoir du sens, mais vous êtes mieux placés que moi pour en juger. La Certification Voltaire a été dimensionnée pour proposer une échelle qui monte très haut. Aujourd’hui, une seule personne a un score supérieur à 900, et je serais heureux si l’auteur de ce blog la rejoignait, au point de lui rembourser le coût de la certification ainsi que l’éventuel coût d’entraînement avec Projet Voltaire (si cet outil d’entraînement a été utilisé, ce qui n’est en rien obligatoire). Ce n’est pas une proposition en l’air.

    Concernant les centres d’examen pour cette certification, il y en a 35 en France. D’autres vont ouvrir dans les prochains mois, notamment en Guadeloupe.

    Pascal HOSTACHY
    (responsable du Projet Voltaire)

  5. Sophie dit :

    Merci pour ces précisions.
    Vous avez raison bien sûr à propos de l’importance de la maîtrise de l’orthographe dans le métier de traducteur. Mais c’est une compétence tellement fondamentale qu’il me semble quasi impossible de rester traducteur si on ne la possède pas. Ainsi, à mon humble avis, pour un professionnel de la traduction qui peut se prévaloir de plusieurs années d’expérience, cela n’aurait pas beaucoup d’utilité de passer la certification et de l’afficher sur son CV.
    En revanche, pour un jeune traducteur, diplômé ou non, cherchant à se faire recruter comme salarié ou fournisseur indépendant, je pense qu’une certification en orthographe peut être un atout.

    Mon sentiment reste cependant qu’une telle certification sera bien plus utile dans d’autres métiers où, s’il est nécessaire de « savoir écrire », ce n’est pas une compétence prioritaire. On peut être un excellent commercial et se trouver handicapé par une mauvaise orthographe lorsqu’il s’agit de rédiger un courrier, par exemple.

    Cela dit, à titre personnel, je prends votre offre comme un défi que je vais m’empresser de relever, en vous remerciant de l’avoir faite :-)

  6. Je comprends votre point de vue. Cependant, deux chirurgiens ayant les mêmes niveaux d’études et d’expérience n’auront jamais les mêmes qualités, tout comme des joueurs d’exception comme Platini et Zidane avaient des atouts différents. Et que dire des écrivains, des formateurs, etc. Le métier de la traduction n’échappe pas à ce phénomène naturel.

    Nous sommes d’accord que la sélection naturelle jouant son rôle, les traducteurs ayant une orthographe déplorable ne passent pas l’hiver. Mais les traducteurs expérimentés sont loin d’être interchangeables, ils ont des qualités différentes. Pour revenir à l’orthographe, certains traducteurs ont un bon niveau, et d’autres un niveau d’excellence. Et pour le client, ces différences importent. Il en est de même pour des métiers comme la sténotypie ou le journalisme.

    Sans vouloir vous mettre la pression, je compte sur vous pour vous entraîner et passer la Certification Voltaire avec brio :)
    Vous avez mon adresse e-mail.

  7. Sophie dit :

    Je crois que nous ne nous différencions pas sur l’orthographe, mais plutôt sur d’autres compétences comme le style ou les spécialisations.
    Il me semble que les clients sont plus rassurés en voyant les références d’un traducteur qu’en apprenant qu’il a obtenu un excellent score à la certification Voltaire ou au TOEIC.
    Il serait intéressant d’avoir d’autres avis sur la question.

    A propos de cet examen, pouvez-vous nous dire depuis combien de temps il existe et combien de candidats l’ont déjà passé, en gros ? J’aurais moins la pression si une seule personne sur 100 a obtenu plus de 900 points que si c’est une sur 1 million…

  8. Martine dit :

    Excellente initiative. Moi-même traductrice depuis 10 ans maintenant, j’estime que l’orthographe (et la grammaire) constituent l’une des bases de notre métier.
    Par ailleurs, j’ai été effarée lorsque mes enfants ont commencé l’apprentissage du français, lorsque j’ai vu que leurs erreurs n’étaient pas corrigées si l’objectif du devoir ou de la leçon ne portait pas sur l’orthographe ou la grammaire. Résultat : les débuts de l’apprentissage pour ma fille ont été laborieux et elle commence tout juste, alors qu’elle est déjà en 6ème, à avoir des réflexes de base.
    Je pense moi aussi m’inscrire à cette certification. Même si, de mon point de vue, les clients ne sont pas systématiquement sensibles à cet aspect, ce ne peut être qu’une preuve de compétence en plus sur un CV.
    Bonne journée à tous
    Martine

  9. Vous savez, hors du réseau de connaissances, un recruteur ou un client a toujours du mal à faire son choix quand il a plusieurs propositions à peu près équivalentes sur son bureau (c’est-à-dire dans 99% des cas). Lui apporter cette précision ne peut être qu’un plus.

    La solution en ligne d’entraînement individualisé en orthographe Projet Voltaire a été lancée il y a 2 ans et demi. La Certification Voltaire a été rendue publique fin janvier 2010. Il y a à ce jour 500 personnes qui l’ont passée. En juin, ce nombre passera à 1000. De très grandes entreprises se lancent dans la Certification, ce qui va d’une part lui donner une visibilité très forte, et d’autre part démultiplier les candidatures.

    Sachez que parmi les candidats l’ayant passée se trouvent aussi des formateurs en français, des sténotypistes, des journalistes… et moi :)

  10. Sophie dit :

    Merci pour toutes ces informations. J’ai bien l’intention de me présenter à l’examen.
    C’est sûrement indiscret, mais je suis sûre que vous attendez la question : quel score avez-vous obtenu ?

  11. J’ai eu 810. Je n’ai donc pas le niveau d’expert, mais de relecteur++. Ce score reflète parfaitement le niveau de compétence que j’estime avoir.
    Et je continue à progresser, grâce aux experts qui œuvrent sur le Projet Voltaire (et dont le score, sauf état grippal, est à 1000).
    J’ai hâte de connaître votre score !

  12. Maria Marques dit :

    Bonjour, Sophie

    N’étant pas francophone, je ne prendrai pas le risque de passer cet examen. Je viens plutôt proposer la lecture d’un article paru il y a quelques mois sur l’orthographe du français et ses difficultés :
    http://www.liberation.fr/societe/0101619775-au-bout-de-lalangue

    Il m’a d’autant plus intéressée que ma langue maternelle, le portugais, est actuellement en pleine réforme de l’orthographe (j’en ai traversé une autre lorsque j’avais 11-12 ans !).

    Félicitations pour ton blog !

  13. Sophie dit :

    @ Maria : Merci pour cet article très intéressant. Je découvre que l’histoire de cette langue me passionne ! Et je commence à me dire que ce mouvement de rationalisation n’est pas aussi insensé que ça. Je suis loin (très loin) d’être capable d’écrire « cadète » ou « chevaus », mais je comprends que nos règles et leurs exceptions ont peut-être bien besoin d’un dépoussiérage. Après tout, la société évolue, les moeurs, les idées, tout… peut-être que l’orthographe ne devrait pas rester confite dans des règles qui n’ont plus de raison d’être… A méditer.
    En tout cas, j’imagine tout à fait la difficulté que peut représenter l’apprentissage du français pour des non-francophones. (Essayant moi-même d’apprendre le polonais depuis plusieurs années, j’apprécierais beaucoup que les règles d’orthographe et de grammaire soient simples et dépourvues d’exceptions…)

    @ Pascal : Je commence à avoir un peu la pression là… :-D Je vais m’inscrire au programme d’entraînement pour commencer.

  14. Voilà un article intéressant et une bonne idée ! Mais la langue française, ses règles et exceptions sont si compliquées. Il faut aimer la grammaire et l’orthographe pour vouloir y prêter attention. Je suis secrétaire – assistante et je côtoie beaucoup d’informaticiens qui disent « chacun son métier » et qui font une faute tous les 5 mots.

    Vive les révisions faites en même temps que les apprentissages de nos enfants également !

  15. J’ai le plaisir de vous communiquer le témoignage d’une traductrice qui vient de passer la Certification Voltaire :
    http://blog.projet-voltaire.fr/le-certificat-dorthographe-pour-les-metiers-de-la-traduction.html

  16. GORON dit :

    Bonjour ,

    A qui dois-je m’adresser , où m’adresser et à quelle date ? pour pouvoir passer ce certificat Voltaire ?

    J’attends votre mail en réponse.

    Meilleures salutations .

  17. Bonjour Goron,

    Le plus simple est d’aller voir le site dédié au Certificat Voltaire : http://www.certificat-voltaire.fr/.

    Sur ce site, vous pourrez découvrir quel centre proche de chez vous propose des certifications en orthographe et à quelles dates.

    Vous pourrez également vous inscrire.

    J’espère que cette information vous sera utile.

Répondre