Archives août 2010

Bénévolat et publicité en traduction

dimanche 1 août 2010

J’aimerais lancer le débat sur la publicité des traductions bénévoles.

Attention, je veux bien distinguer le fait de se vanter d’avoir fait une action gratuitement, et celui de se prévaloir d’un travail réalisé.

Dans le premier cas, cela relève du tempérament du donateur et ce n’est pas ce point que je veux discuter.

C’est le deuxième qui m’intéresse. Ces derniers temps, j’ai entendu plusieurs fois l’argument : « un don doit être complètement désintéressé », et je m’interroge, parce que je ne suis pas sûre d’y adhérer pleinement. Je pense en particulier à une occasion où l’on m’a demandé d’effectuer des travaux de traduction bénévolement. J’ai demandé si mon nom apparaîtrait sur le document final, et mon interlocuteur m’a expliqué que cela dépendrait de la volonté de l’organisme bénéficiaire. Et il a conclu qu’il était assez étonné (traduire : « légèrement choqué ») qu’on puisse attendre un avantage d’un don.

Personnellement, si je suis amenée à effectuer des traductions bénévoles pour des organismes humanitaires, j’apprécie de pouvoir montrer ces exemples de mon travail et d’ajouter cette expérience à mes références.

J’estime qu’on ne travaille pas différemment selon qu’il s’agit d’un don ou d’une traduction achetée au prix fort. On fait les mêmes recherches, on se creuse la tête sur les mêmes difficultés, on y passe autant de temps, et le résultat a la même qualité que s’il était rémunéré.

Alors pourquoi ne pourrait-on pas retirer de ce geste une reconnaissance de professionnalisme ? Le don est-il plus noble si l’on n’en attend rien en retour ? Peut-être. Est-il plus efficace ? Pas du tout. Ce qui compte, c’est que ce service soit rendu. L’organisme qui n’a rien à débourser pour voir ses documents traduits peut consacrer ses fonds à son action d’aide. C’est ça qui est « bien ». Il ne lui en coûte rien de reconnaître la compétence du traducteur, par exemple en indiquant son nom sur le document. Encore une fois, il ne s’agit pas de mettre en avant le bénévolat mais le travail accompli.

Je trouve qu’imposer l’anonymat peut décourager nombre de dons : non seulement le fait de nommer le traducteur ne coûte rien au bénéficiaire, mais cela peut aider le traducteur à justifier d’une expérience, à afficher ses compétences et, pourquoi pas, à terme, à étoffer sa clientèle, à améliorer son revenu et à pouvoir se permettre de consacrer plus de temps à des actions bénévoles :-)

Pour résumer le fond de ma pensée, je dirais qu’à mon avis l’utilité du don réside dans le bénéfice qu’il apporte au destinataire, et le fait que le donateur puisse s’en prévaloir ne nuit aucunement au résultat.

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