Quand la relecture ajoute des erreurs…

J’ai (encore) été publiée ! Quelle joie, quelle fierté aussi, lorsque j’ai reçu l’édition française de Diversité, un livre pour la jeunesse traduit à la fin de l’hiver dernier.

Vite, vite, je l’ouvre, je vérifie que mon nom apparaît bien et je le feuillette avec émotion.
C’est un album très illustré, où le texte lui-même forme des dessins et autres effets graphiques. Je découvre donc ma traduction mise en forme et en page, ravie.

Et voilà que ma tante qui lisait par-dessus mon épaule pointe une grosse faute, dans un gros titre.
Mon sang ne fait qu’un tour, comment ai-je pu laisser une erreur pareille ? Je vérifie immédiatement le fichier que j’avais livré et constate, interloquée mais néanmoins soulagée, que la faute n’est pas la mienne.

Une fois passé le premier moment de perplexité, je suis bien ennuyée : il n’y a plus grand-chose à faire, puisque le livre est publié.

Je le signale à l’éditeur qui ne réagit pas.
La seule chose que je puisse faire, me semble-t-il, c’est, si cet éditeur me recontacte, de poser au départ la condition que je relirai les épreuves avant la publication.

Cette mésaventure m’était déjà arrivée il y a quelques années, alors que j’avais traduit le texte d’un emballage pour un ustensile de cuisine révolutionnaire (à l’époque), en silicone. Quelques mois plus tard, j’avais trouvé ma traduction dans les rayons de mon supermarché, avec une énorme faute qui ne m’était pas imputable.
Pour moi, c’était moins grave qu’aujourd’hui, puisque mon nom n’apparaissait pas. Mais j’avais déjà trouvé ça assez rageant.

Je me demande que font les autres traducteurs, quand ils découvrent après publication des erreurs qui ont été ajoutées à leur travail ?

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5 commentaires sur “Quand la relecture ajoute des erreurs…”

  1. Patricia Lane dit :

    Que fais-je si je vois une erreur dans une publication qui n’est pas la mienne ? Je rage, je marche de long en large, mon entourage est fort au courant qui leur faut marcher sur des oeufs pendant un temps, j’en ai mal au ventre, mon coeur bat la cavalcade. A la découverte, et encore des mois ou des années après dès que j’y pense.

    On ne peut que lâcher prise, être philosophe. C’est bien plus facile à dire qu’à faire quand son perfectionnisme, sa crédibilité et sa réputation sont dans la balance.

    Bon nombre d’éditeurs passent outre la phase oh si nécessaire de relecture par un(e) correcteur(trice) professionnel(le). Bah,ça coûte cher, hein?

    Et puis, bon nombre refusent que le traducteur vérifie les épreuves et signe le BAT car cela aussi coûte cher (une collègue évoquait facturer 20 à 25 % du prix de la traduction pour signer un BAT – c’est normal, sa responsabilité est engagée, en cas de boulette, la réimpression serait à ses frais.)

    Enfin, même si le traducteur propose de le faire à l’oeil, pour éviter précisément la situation que tu décris, trop souvent, c’est fait à l’arraché, sans que le traducteur ait vraiment le temps de laisser reposer le texte; le risque de boulettes résiduelles est grand.

    J’évoquais tout ceci dans un billet l’hiver dernier (http://bit.ly/aRP4bF). Je n’ai pas de réponse à ta question, il est trop tard pour redresser le tir (à moins que ton éditeur fasse réimprimer le livre !).

    Comme tu l’as bien compris, la relecture des épreuves doit être une condition de tout contrat d’édition.

    Dans l’immédiat, tourne la page, va te promener en forêt, respire. C’est rageant, mais c’est plus la réputation de l’éditeur qui en prendra un coup que la tienne.

  2. Je crois que Patricia a tout dit… :-)

  3. Sophie dit :

    Merci pour ton commentaire, Patricia. Tu as raison, la responsabilité du traducteur est engagée, et cela peut aller plus loin qu’une blessure d’amour-propre.
    Je retiens la leçon et n’accepterai plus sans condition un travail qui portera mon nom.
    Il est bien sûr inimaginable dans le cas présent que l’éditeur fasse réimprimer l’ouvrage…

  4. Le vieux Gustave dit :

    En voyant le petit nombre de traducteurs qui travaillent bénévolement pour Wikipédia, je me suis souvent demandé s’il ne serait pas intéressant pour quelques-uns de traduire certains articles allophones et de les signaler dans leurs blogs. Je prends au hasard «Colluvion» qui n’a droit chez nous qu’à une ébauche de trois lignes alors que le «Kolluvium» allemand est plus développé. Le client aurait ainsi la possibilité de juger ou de faire juger sur pièces vos aptitudes. Évidemment, et j’en arrive ici au sujet de la présente discussion, il pourrait arriver (le cas est rare, mais possible) que votre travail fût ensuite massacré par des incompétents et qu’une protestation trop véhémente vous fît bloquer, voire expulser; cependant la structure de Wikipédia vous permet de renvoyer depuis votre blog non à l’article en cours mais à la version que vous aviez donnée, sans que vous ayez à répondre de ce qui a été fait après vous.

  5. Sophie dit :

    Merci Vieux Gustave pour cette idée très intéressante, que j’ai bien envie de creuser.
    A condition de trouver un article vraiment pertinent, cela pourrait être une référence originale et efficace.
    Je vais de ce pas me pencher sur la question !

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