Une agence de traduction à suivre

Cette vidéo a provoqué quelques remous sur la liste APROTRAD la semaine dernière. Je ne résiste pas au plaisir de la partager. Le sujet : un manager aux dents très longues vient de reprendre une agence de traduction orléanaise et participe à un concours de créateurs et repreneurs d’entreprise.

Vous pouvez toujours voir la vidéo en cliquant ici.

J’ai rarement entendu autant d’âneries sur ce métier en si peu de temps.
Par exemple :
« Dans le mot traduction, il y a le mot traditionnel. » Noooon ?
En réponse à un autre candidat qui lui demandait si la traduction de la langue des signes était d’actualité : « …le langage des signes a l’avantage d’être universel, donc il ne se traduit pas. Heureusement, sinon on n’aurait pas assez de bras ! Ha ha ! » Oui, ha ha. Pour ceux qui se posent la question, l’une de mes estimées collègues explique :

…il existe à la fois une langue des signes internationale (et même une langue des signes européenne née du multilinguisme suisse), en plus de la langue des signes qui peut exister dans chaque pays comme la langue des signes française (LSF), britannique (BSL), etc. Les sourds apprenant leur langue nationale à l’école, c’est cette langue qui est la plus « parlée » dans chaque pays. Le Hongrois Adam Kosa, premier eurodéputé sourd élu dernièrement, utilise donc sa langue des signes hongroise… et a besoin d’une interprète particulière…

Et le clou : en réponse à la question « Comment gérez-vous les langues un peu exotiques ? »
Il commence par « La question vaut le coup… » eh bien, la réponse vaut le coup aussi, ouvrez grand vos oreilles : « J’ai mis en place une charte de qualité très très en avant par rapport à tout le métier qui consiste à ne traduire que vers sa langue natale. »
Alors là, moi je dis BRA-VO, il fallait y penser !

Un autre passage savoureux, même s’il n’a pas grand-chose à voir avec le métier, c’est quand il expose son projet personnel « J’ai l’intention que dans 10 ans, moi, ma famille, mes potes et les équipes qui me font confiance dans mes entreprises, on soit tous à l’abri. »

Ce sympathique candidat a prévu d’être une agence de traduction majeure en France et peut-être aussi à l’étranger dans 5 ans, et d’être dans le Top 10 d’ici juin prochain. Je suis impatiente de voir ça !

Pour y parvenir, il compte sur une stratégie d’acquisitions (au rythme d’une entreprise par an) et sur des produits très innovants. Après analyse, ces produits « vraiment révolutionnaires » sur lesquels il prévoit de marger à 65-70 % sont, comme il l’explique en deux mots vers la fin de sa présentation, du conseil pour la communication à l’étranger (adaptation linguistique et culturelle) et le traitement des campagnes d’e-mailing en langue étrangère. Utiles, voire indispensables, ces services ne sont en rien « révolutionnaires ».

Bon, c’est pas le tout de rigoler, mais cette émission a quand même un côté un peu dérangeant, notamment lorsque l’on voit les autres candidats et les « experts » applaudir des deux mains cette idée force vraiment novatrice : traduire vers sa langue maternelle.
Comme je suis une personne optimiste, je me dis que si ces entrepreneurs ne connaissent pas le marché de la traduction, c’est probablement qu’ils n’ont pas besoin de nos services. Néanmoins, je médite de tenter de remédier à cette lacune en communiquant mieux sur les réalités de ce marché, par exemple à travers l’organisateur du concours, en lui signalant les faiblesses de ce projet particulier…

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29 commentaires sur “Une agence de traduction à suivre”

  1. Patricia Lane dit :

    J’ai regardé mon calendrier. Non, nous ne sommes pas le 1er avril. C’est indéniablement la présentation la plus incroyable que je n’ai jamais entendue! Il nous donne du travail supplémentaire pour éduquer les clients et redresser le tir.

  2. Sara dit :

    Oh dear. Je suis sans voix. Encore un patron d’agence de traduction qui ne connaît rien au métier. Allez traducteurs, contactez vos CCI, votre presse économique locale, vos clubs d’affaires…pour proposer articles, interventions, animations de tables-rondes — tout est bon pour véhiculer les bons messages sur notre beau métier ! On ne peut pas empêcher les gens de dire des conneries…mais on peut corriger le tir en mettant à disposition les bonnes informations. Où se trouve la source de ce clip ? Est-ce qu’on peut réagir directement en ligne sur le site des organisateurs du concours ?

  3. Bidibulina dit :

    QUOI ?!!! Traduire vers ma langue maternelle ??!! Mais que n’y avais-je pensé avant, moi qui m’obstine depuis 4 ans à traduire vers des langues que je ne maîtrise pas ! Ah ben non, c’est vrai, je ne traduis que vers le français moi aussi, mais j’ai une charte qualité très en avant aussi alors !
    Et donc, il fait traduire des textes ayant rapport à l’aéronautique à un directeur d’aéroport. Par extension, un spectateur peut traduire des textes liés à la télévision ? Un traducteur n’est pas qu’un spécialiste dans un domaine, c’est quelqu’un qui écrit, sait écrire, tourner des phrases ! Et la connaissance technique ne suffit pas…!
    N’importe quoi.

  4. Sophie dit :

    Sara désolée, j’ai oublié de mettre l’adresse de la source, la voici : http://www.creador.fr/Arnaud-Alacir-Dynacom_a76.html.

    Je ne suis pas sûre qu’on puisse réagir publiquement sur le site, mais il y a une adresse contact.

  5. Stéphanie dit :

    Pour info, voici leur site: http://www.dynacom.fr/.
    Effectivement, des idées innovantes: utiliser des traducteurs professionnels et faire relire les trads ! Wow !

  6. Patricia Lane dit :

    Je sens qu’ils vont être inondés. Je me calme, j’essaie d’assembler mes pensées..(c’est rare que j’en perde mon latin !)…et prépare le billet doux. J’ai Twitté ton article (tu devrais penser à partager avec nous en direct !). Hmmm. peut-être que M. Alacir devrait se joindre à nous en mars prochain, il apprendrait qq chose :)

  7. Anne dit :

    Travaillant moi-même au sein d’une agence de traduction, les propos de ce « VRP » sont incroyables.

    Il montre exactement le problème que j’observe au quotidien: les responsables d’agence de traduction n’ont aucune idée du travail que demande ce métier. Quant à la réflexion sur la langue des signes, c’est le résultat d’une grave ignorance du domaine des langues, c’est-à-dire ce qu’il est censé vendre.

    Et non! La traduction n’est pas une tente de camping!

  8. Anne dit :

    Et sur la page « Qui sommes nous » de cette agence,nous pouvons lire:

    « Un soin tou particulier est apporté au contrôle de la terminologie (création de glossaires). »

    Une double relecture? Chapeau!

  9. Sophie dit :

    Patricia, merci pour ton twit. J’ai bien un compte twitter depuis quelques jours, mais pour l’instant je tâtonne pas mal. Mon nom d’utilisateur est Sophie_Dinh.

  10. vincent dit :

    Bonjour à tous,
    Petite réaction rapide, à chaud.
    Je reste très factuel pour ne pas alourdir la charge émotionnelle ressentie par les pros. du secteur (je dirais, les vrais pros).
    Ce discours est scandaleux et reflète bien la nécessité d’une meilleure organisation de la filière (le jour où la CNET, la Guilde et la SFT se parleront, peut-être que nous avancerons sur ce sujet), et quand je parle d’organisation, je pense aussi à « défense de la filière, la communication des bonnes pratiques, la diffusion de références communes, etc.). Si j’osais, je demanderai à mes clients et même mes prospects d’écouter cette vidéo…en leur disant ensuite, un brin hilare « vous comprenez maintenant la différence qu’il y a de travailler avec nous ?? »
    Les différentes normes (EN 15038, par exemple) mais surtout les pratiques des pros. du métier (agences et traducteurs, salariés ou indépendants) sont depuis très longtemps très claires et suivies dans toute la profession (sérieuse, j’entends). (traduire vers sa langue maternelle, relecture, etc…). L’innovation n’est pas là du tout et le processus à mettre en place pour assurer la qualité finale est beaucoup plus complexe que cela…les critères les plus fins et les plus pertinents sont bien au-delà.

    Quand je vois cette absence de vision et pertinence (comment être aussi déconnecté de la réalité… – sauf si l’exercice relevait d’une parodie, on ne sait jamais), et je ne parle plus ici du métier de la traduction, mais du métier de dirigeant d’entreprise, j’ai peur à la fois pour la stratégie future de l’entreprise et surtout, pour ses salariés, partenaires …et clients.

  11. J’adore. Je relaie. Merci Sophie !

  12. Michèle dit :

    Je poste ton billet sur linkedin dans le groupe des anciens de l’ESIT. Vraiment édifiant !

  13. maud dit :

    A TOUS CES JEUNES TRADUCTEURS FRANCOPHONES BIEN NAIFS…
    Votre levée de bouclier contre cet entrepreneur est ridicule sur un point: la langue maternelle.
    Si toutes les agences appliquaient ce principe, il y aurait davantage de travail EN France vers le français (langue maternelle).
    Les traducteurs, ressortissants des pays de l’Est, travaillent tous vers le français. Idem pour les Chinois, etc
    Si le résultat n’est pas bon, le client passe à l’anglais pour ses échanges, il ne lui vient pas à l’idée d’exiger que le texte soit bien traduit vers le français.
    Les financiers ont les pleins pouvoirs en matière de traduction: les grandes sociétés envoient les gros volumes à traduire à l’étranger. Des systèmes de marchés se sont implantés dans tous les organismes et ils sont confiés au moins offrant.
    Lorsque les anglophones vivant en France seront à leur tour balayés par les Indiens, ils vous prendront les quelques traductions qui resteront vers le français.
    Bravo à cet entrepreneur qui a bien raison de vouloir faire traduire les traducteurs vers leur langue maternelle, même si ce n’est pas une innovation!

  14. Sophie dit :

    Merci Maud pour votre intervention. Il me semble nécessaire de remettre quelques pendules à l’heure, à commencer par le profil des traducteurs qui ont donné leur avis ici. Ceux que je connais sont loin d’être novices dans ce métier, et pas tous francophones. Je ne me prononcerai pas sur notre naïveté.
    Ensuite, nous sommes bien d’accord que toutes les agences devraient appliquer le principe fondamental de faire travailler les traducteurs vers leur langue maternelle.
    Pour parler en mon nom, ce qui me hérisse chez cet entrepreneur (sur ce point), c’est qu’il présente cette nécessité de base comme son idée personnelle, un plus offert par sa société. Alors que tous les traducteurs professionnels digne de ce nom (agences ou indépendants) l’appliquent, et depuis longtemps. Il donne à ses interlocuteurs une fausse image de notre métier en laissant entendre qu’il est le premier à avoir eu cette idée garantissant la qualité des traductions.
    Pour mémoire, l’APROTRAD (http://aprotrad.org/metiers-de-la-traduction.html), la SFT (http://www.sft.fr/risques-et-precautions-en-matiere-de-traduction.html) et les entreprises membres de la CNET (http://www.cnetfrance.org/qui_sommes_nous.php) (à vrai dire, je ne les ai pas toutes vérifiées, mais je sais que c’est un principe fondamental pour la CNET aussi, et les quelques adhérents dont j’ai consulté le site le mentionnent) indiquent clairement que c’est une exigence de base de ce métier.

  15. Michèle dit :

    Pas jeune traductrice, francophone et pas naïve. Surtout quand ces agences ou clients directs vous envoient les tests de ces non francophones pour voir si leurs traductions « passeraient » quand même. On sent leur déception quand on leur répond que la traduction est mauvaise et qu’on leur donne en prime la langue maternelle du « traducteur ».

  16. Arnaud Alacir dit :

    Bonjour à tous,

    Je suis Arnaud Alacir et je vous remercie de réagir aussi vivement à mon intervention.
    Je souhaite, pour ma défense, m’expliquer ici avec vous en tant que professionnels.
    En effet, je ne suis pas de la filiére traduction et si vous cherchez sur le web, vous pourrez apprécier mon parcours.
    Mais tout ce que je dis est « pensé » à l’avance et ce discours ne s’adresse pas aux gens de métier que vous êtes, mais aux profanes extérieurs qui doivent se rattacher à des idées simples. Bien sur, je n’ai pas inventé l’eau tiède quand je parle de la traduction vers sa langue natale, mais j’ai un immense respect pour votre travail et aussi, je vous pose cette question : n’en avez vous pas marre de bosser avec des agences « miltiactivité » où les chefs de projets qui vous font des reproches linguistiques n’allignent pas trois mots d’anglais ?
    Et bien moi si ! Je veux fiare évoluer ce métier vers l’exellence que vous pratiquez et cela commence par une « évangélisation » de nos interlocuteurs. Donc pour le début il faut faire simple !
    Pour ce qui concerne les produits à 72 % de marge, ce sont réellement des produits novateurs, mais permettez moi de ne rien divulguer sur le web, rapport à mes concurrents.
    Par contre si vous me téléphonez, je serais ravi d’en parler de vive voix avec vous.
    Enfin pour ce qui est de la langue des signes, mea culpa, j’ai répondu avec ce qui m’est apparu comme du bon sens à une question inattendue. Désolé !
    Je ne suis pas un ennemi de ce métier.
    Cordialement,
    Arnaud.

  17. Sara dit :

    J’ai beaucoup de respect pour les entrepreneurs, et à ce titre j’espère sincèrement que Mr Alacir réussira à faire de Dynacom une entreprise pérenne.

    Pour une agence non spécialisée travaillant avec une base de données de « millions » (je cite Mr Alacir) de traducteurs anonymes le marché est rude et je crains que la seule marge de manœuvre qui lui reste soit le prix…au lieu de viser l’excellence, Mr Alacir risque donc de tirer les prix du marché de masse encore plus vers le bas avec des conséquences désastreuses pour lui et pour ses salariés, sans parler des sous-traitants…jeunes traducteurs pas (encore) spécialisés.

    On dit souvent que les tarifs sur le marché de masse n’arrêtent pas de dégringoler, mais que, au contraire, les tarifs du haut du marché augmentent, faute de suffisamment de compétences spécifiques face à une demande spécialisée de plus en plus importante. Je ne sais pas si cette tendance existe véritablement, mais en tout cas en ce qui concerne notre petite entreprise, elle est conforme avec notre expérience.

    Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais avec mes associées, sans pour autant avoir fait une étude de marché d’envergure, nous avons bien étudié (pendant plus d’un an) trois possibilités de développement de notre activité :

    1 – acheter un cabinet de traduction existant (par rapport à une agence, un cabinet effectue le travail de traduction en interne) mais non spécialisé
    2 – fonder une agence de traduction non spécialisée
    3 – fonder un cabinet de traduction spécialisé

    La troisième option – le cabinet de traduction spécialisé — est la seule que nous avons trouvée qui permettait de travailler à des tarifs corrects et surtout d’instaurer des relations de confiance et durables que nos clients cibles recherchent…et ces relations sont essentielles à la réussite des textes que nous traitons (soit pointus dans le domaine de la finance, soit créatifs/rédactionnels dans le domaine du marketing et de la communication, soit les deux).

    Pour la plupart de nos clients, ce genre de document ne peut tout simplement pas être traduit ou adapté de façon satisfaisant par une agence de traduction non spécialisée (et sans contact direct entre le client et son traducteur). Ces clients le savent parce qu’ils ont essayé. Souvent plusieurs fois avec plusieurs agences différentes.

    En ce qui concerne les produits à forte marge (adaptation culturelle) qu’évoque Mr Alacir, je ne vois pas comment il espère réaliser de telles marges. Nous fournissons ces prestations en interne, et les sous-traiter en pratiquant de telles marges rendrait nos prestations hors de prix. Bénéfice du doute oblige…je suis, disons, intriguée.

    Le modèle de Mr Alacir (grosse agence non spécialisée) n’est pas à mon avis pérenne. Notre modèle non plus vous me direz, et je suis d’accord, mais pour des raisons totalement différentes. Notre activité étant intimement liée à notre équipe (des relations intuitu personae comme on dit), si l’une d’entre nous se cogne la tête et ne peut plus travailler (je rigole à moitié), cela mettrait en péril la santé de notre entreprise, c’est sur et certain. Nous souhaitons faire évoluer notre équipe pour nous prémunir contre ce genre de risque.

    Concernant nos relations avec les agences de traduction, ben, nous n’en avons presque plus, nos tarifs étant dans certains cas deux voire trois fois plus chers *que le prix de vente* des agences « de masse ». Et chez certains clients directs nos tarifs ne passent tout simplement pas. Face à une agence qui fait tout, dans toutes les langues, à un tiers de notre tarif, ben…selon l’interlocuteur qu’on a en face, on a souvent du mal à les convaincre. Aujourd’hui nous concentrons nos efforts sur les interlocuteurs qui savent ce qu’ils cherchent et le cherchent désespérément (et le tarif n’est jamais un souci), souvent après une ou plusieurs prestations décevantes (l’agence soi-disant spécialisée qui en fin de compte n’a pas les compétences requises dans sa base de données…souvent à cause des tarifs imposés ou bien le freelance doué mais peu fiable ou qui n’a aucun sens du contact avec le client…). Pas besoin de les sensibiliser, ces clients-là :-)

    Pour les traducteurs indépendants qui lisent ce blog je dirais que si le discours de Mr Alacir vous met mal à l’aise, il y a d’autres marchés de niche où on se passe totalement d’intermédiaires…c’est à vous de vous positionner pour les conquérir.

  18. Sophie dit :

    Monsieur Alacir,
    merci pour votre commentaire. Je répondrai qu’à mon sens, l’une des raisons d’être d’une charte de qualité est le respect du client et de ses besoins. Et ce n’est pas le respecter que lui faire croire que vous êtes à l’origine du principe qui consiste à traduire vers sa langue maternelle. Vos interlocuteurs sur le plateau de la vidéo ont semble-t-il été convaincus par cet argument. Quelle confiance accorderont-ils à vos déclarations s’ils découvrent que ce principe n’a rien de novateur, mais que vous avez souhaité les « évangéliser » pour faire simple ? Personnellement, je n’aimerais pas être traitée de cette manière.
    Il aurait été aussi simple d’expliquer que vous adhérez à ce principe de qualité fondamental. Mais le discours que vous avez tenu sur ce plateau donne une image de notre métier complètement faussée, et fait passer ceux qui le pratiquent pour des amateurs.

  19. [...] premier : Une agence de traduction à suivre reprend un clip vidéo d’une agence de traduction (Dynacom) sélectionnée dans un concours [...]

  20. Madame,

    Je suis l’organisateur du concours. Merci d’avoir pris le temps d’analyser avec minutie le passage de l’un de vos confrères sur le plateau.

    Journaliste économique, je tiens simplement à vous préciser un détail, et non des moindres, sur votre remarque. Si les entrepreneurs présents sur le plateau semblent ignorer l’élément que vous évoquez, ce n’est pas qu’il n’en n’ont pas besoin. La presse dans sa globalité ne cesse de rappeler que pour renforcer la compétitivité de notre territoire, il faut que les entreprises et notamment les TPE et les PME fassent le choix de l’export. Or, c’est justement car ces petites sociétés connaissent mal les services que vos offrez – je vous invite à vous poser la question de la communication que vous faites vers ce public spécifique – qu’ils ignorent que l’on peut faire plus qu’un traducteur google.
    Malgré le manque d’innovation que vous pointez du doigt chez cet entrepreneur, il aura au moins un triple mérite : vous faire parler et donc nous faire connaître mais surtout désacraliser la traduction. En rendant accessible ce type de service, on accompagne le pays vers la croissance, l’export et donc la compétitivité.

    Cordialement,

    Lucie BRASSEUR

  21. Sophie dit :

    Madame Brasseur,

    merci pour votre intervention.
    Vous rappelez un point important, qui m’a frappée en visionnant cette vidéo et sur lequel l’APROTRAD réfléchit en sa qualité d’association de professionnels de la traduction : il est urgent d’améliorer la communication sur notre métier auprès des entrepreneurs.
    En région Centre, l’APROTRAD est membre du Grand Maillage et saisit toutes les opportunités qui lui sont offertes de communiquer sur cette profession.
    Manifestement, ce n’est encore pas suffisant et nous avons intérêt à intensifier cet effort.
    Sur le plan régional, Twideco semble un vecteur de choix et il est probable que nous prendrons contact avec vous directement pour en discuter.
    A propos de ce concours, je voudrais cependant insister sur le fait qu’à mon avis, les « experts » chargés d’analyser les dossiers des candidats devraient avoir une connaissance suffisante du marché ciblé pour pouvoir évaluer correctement ses déclarations et prétentions.

    Sophie

  22. Sophie,
    Merci pour votre remarque. Le concours est un cours de création d’entreprise, les experts ne jugent pas le secteur mais le profil entrepreneurial du candidat et découvrent les 4 candidats du mois le jour J pour éviter tous a priori positifs ou négatifs.

    Par ailleurs, sachez que dans le cadre de notre journal économique papier « Twideco News » nous avons lancé une rubrique dans le dernier numéro « Where is Brian? » où l’agence dynacom, justement, traduit un article du français vers l’anglais. C’est une opération originale que je vous invite à relayer et pourquoi pas à reproduire dans d’autres publications professionnelles, permettant ainsi de sensibiliser les entrepreneurs. Le n° est sorti hier et je sais qu’un professeur d’anglais s’en est déjà servi avec ses étudiants.

    Vous pouvez découvrir notre publication en ligne http://www.twideco.com

    Enfin, proche du Grand Maillage et de son président Erwann Chany, je tiens à vous informer qu’ils ne m’ont jamais contactée pour imaginer une possible collaboration de ce type.

    Dynacom et son dirigeant Arnaud Alacir ont peut-être des choses à nuancer mais ils ont le mérite de rendre accessible les métiers de la traduction à tous, et notamment au monde économique.

    A votre disposition,

    Cordialement,
    Lucie BRASSEUR

  23. Arnaud dit :

    A Sophie, Lucie, Sara et tous ceux qui ont contribué à cette discussion !
    C’est vrai que c’est un débat passionnant et je le ressens à chaque ligne postée ici.
    Tout d’abord je souhaite remercier Sophie qui accueille ce débat sans censure ainsi que Lucie pour ses interventions.
    Je lis dans divers messages des choses raisonnables (par exemple la position de Sara vis à vis des politiques de prix de certaines agences, dont je ne fais pas partie, juré-craché et tout, et tout).
    Mais je lis aussi des choses partisanes et blessantes qui débordent un peu et ne reflètent que des pensées arbitraires. Un exemple ? Soit ! Quelle est la légitimité de Vincent de Tradonline pour me donner des leçons alors que nous avons la même formation de base et qu’il ne semble (je prends des gants) pas plus diplômé que moi de ce métier ?
    Vous croyez quoi ? Que j’ai mis un paquet d’argent sur la table pour racheter Dynacom dans le but de foncer droit dans le mur et que je ne suis qu’un petit « VRP » sans rien dans le ventre ?
    Sachez que j’accompagne dans son développement cette agence depuis début 2006 et que par conséquent mon investissement est une chose réfléchie.
    Concernant cette vidéo, mes chefs de projets l’ont vue et ils ont salués l’exercice, les traducteurs (des millions, je le rappelle), l’ont vu et ils ont salués l’exercice, des clients l’ont vu et ils ont salués l’exercice, mes partenaires l’ont vu et ils ont salués l’exercice, …, la seule critique blessante et non constructive est venue de ce blog !
    Vexé ? Oui, je le suis ! Et je sais qu’il n’est pas utile de le dire à des professionnels du langage tant vous l’aurez ressenti dans mes mots.
    Combien de fois depuis bientôt une semaine je vous ai invité à me contacter pour débattre de vive voix de vos craintes à mon égard ? Des appels, aucun, des mails alors, pas plus, …, la seule qui m’a écrit est aussi celle qui m’a alerté sur vos propos. Et en plus elle était plutôt de votre coté ! (rassurez vous je lui ai répondu cordialement)

    Voilà j’ai lutté contre vent et marées pour tenter de vous faire changer d’avis sur moi et sur le personnel de l’agence qui a aussi prit un petit coup derrière la nuque ! (Je vous rappelle qu’ils sont tous diplômés en traduction de l’école d’Orléans).

    Donc pour en finir avec cette histoire, j’ai deux versions sur lesquelles je n’ai pas encore tranché ; la première est de vous souhaiter bonne route à tous et que chacun suive sa voie dans le respect des autres ; et la seconde est de dire que les donneurs de leçons qui sont en agence et qui ont mis sur leurs sites la liste de leurs clients viennent de me donner ma liste prioritaire de prospection de ces prochaines semaines.

    Comme quoi on a tous un coté obscur, suffisait de demander !
    Cordialement,
    Arnaud.
    J’oubliais, merci Maud !

  24. Sophie dit :

    Débat passionnant… et passionné !
    @Arnaud, je voudrais repréciser certaines choses. En visionnant cette vidéo, j’ai eu le sentiment très net et très désagréable que vous donniez une image complètement faussée de ce métier, et que vos interlocuteurs n’étaient pas en mesure de s’en rendre compte. Je ne reviens pas sur ces points, amplement décrits et étayés ci-dessus. Par ailleurs, vous parlez du personnel de l’agence qui aurait souffert de notre différend, mais je n’ai franchement pas l’impression que nous l’ayons attaqué. Néanmoins, je vous remercie pour votre participation à cette discussion. Si elle ne m’a pas fait changer d’avis sur votre position et la vision du métier que vous transmettez, elle me donne sincèrement l’envie d’en discuter de vive voix avec vous. Je me rends régulièrement à Orléans, et je promets de vous faire signe à l’occasion si vous y êtes toujours disposé :-)
    @Lucie, merci pour votre lien, je vais étudier sérieusement cette nouvelle rubrique et réfléchir à une communication efficace.

  25. Arnaud dit :

    Merci Sophie,

    Vous êtes la bienvenue dans nos locaux ainsi que ceux qui souhaitent venir nous rendre une petite visite.
    Que vous n’ayez pas changé d’avis, je le comprends, mais que vous ayez envie de venir me rencontrer est, pour moi, un vrai signe d’ouverture d’esprit. Sans vouloir vous convaincre de quoi que ce soit, je serais en mesure de vous présenter le projet Dynacom dans son ensemble et, pour le coup, je serai ravi d’avoir un avis éclairé sur la question.

    A bientôt,
    Cordialement,
    Arnaud.

  26. [...] premier : Une agence de traduction à suivre reprend un clip vidéo d’une agence de traduction (Dynacom) sélectionnée dans un concours [...]

  27. Arnaud Alacir dit :

    Bonjour à tous et toutes !

     » Une agence de traduction à suivre », et bien soit ; voici le suivi !

    Nous étions à Orléans, nous sommes désormais en Ile de France au Val d’Europe plus précisément.
    Nous affichons une croissance de +28% avec une marge inchangée ! Ce qui fait que cette année encore, ce sont nos traducteurs (que nous payons en temps et en heure) qui ont le plus gagné d’argent, souvenez vous, certaines en doutaient.

    Pourquoi l’Ile de France, allez vous dire (si, si j’en vois dans le fond !) ? Et bien, pour assurer la pérennité de la structure et de ses employés, nous avons réorganisé le travail tout simplement et réduit les couts inutiles (comme celui du patron qui vient tous les jours de Paris à Orléans par exemple).

    Voilà, je n’en suis pas particulièrement fier, mais je n’en rougis pas non plus !
    Et merci à tous ceux qui nous font confiance, clients et partenaires (je parle des traducteurs)
    Arnaud.

  28. Sophie dit :

    Bonjour Arnaud, merci de nous donner de vos nouvelles.
    Bravo pour votre croissance de 28% !
    En ce qui concerne votre marge, si j’en crois les chiffres publiés par societe.com, elle était de -24% en 2010.
    Je ne suis pas comptable et ma structure juridique n’est pas celle d’une société, mais je crois que je préfèrerais avoir une marge positive…

  29. kurt dit :

    Bonjour à toutes et à tous,

    Je me permets de prendre contact avec vous, car depuis mars je suis reconnue interprète traducteur auprès du tribunal de grande instance. Je travail en auto entrepreneur et j’aimerais mettre un nom à ma micro entreprise. je fais aussi de l’accompagnement social et administratif et je souhaiterais regrouper tous ça sur un nom. je vous remercie

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