Archives février 2012

Questions de grammaire et d’orthographe – 1

Lundi 27 février 2012

Vous l’avez compris (sinon, je vous invite à lire ce monument à ma vanité), je me plonge dans les révisions, surtout depuis que j’ai fait la fameuse dictée des traducteurs proposée lors de la Journée de la traduction organisée par la SFT. J’ai fait une vingtaine de fautes, ce qui me soucie un peu pour la finale du concours des Timbrés…

J’ai sous la main un Bescherelle de conjugaison, mais il me manquait un manuel de grammaire. J’ai donc acheté, un peu au hasard, le Bled Orthographe – Grammaire qui promet « Toutes les règles expliquées de façon détaillée », « Des exemples d’application simples », « Des conseils pour s’exprimer correctement » et « 400 exercices corrigés ».

Première leçon : « Le pluriel des noms propres et des noms d’origine étrangère », où je ne suis pas fortiche. Mais au 3e exercice, je tombe sur un corrigé qui me chiffonne terriblement, c’est-à-dire que je ne suis pas d’accord du tout.

Voici la phrase (il faut écrire correctement les noms en gras) : « Les barman ne servent pas de Martini, ni de whisky aux mineurs »

D’abord, que vient faire cette virgule ? C’est un piège ? Les barmen ne servent pas de Martini du tout ? À personne ? Mystère, le corrigé laisse « Martini » tel quel, ce que j’aurais fait aussi, virgule ou pas.

Ensuite, il met « whisky » au pluriel (au choix, « whiskys » ou « whiskies »). J’ai appris – il y a longtemps – que quand il n’y a pas de quelque chose, on ne le met pas au pluriel, à moins que ce quelque chose soit généralement au pluriel quand il y en a. Ainsi, « Je n’ai pas rencontré de difficultés » parce qu’on dit plus souvent qu’on a « des difficultés », mais « Il n’y a pas de voiture dans ce garage ». Et naturellement, j’aurais écrit « Les barmen ne servent pas de Martini ni de whisky aux mineurs. »

(En plus, si on y réfléchit bien, le whisky pourrait être classé dans la catégorie indénombrable, comme le café, le yaourt, l’eau… « Les barmen ne servent pas d’eaux ? » Grotesque…)

Qu’en pensez-vous ? Faut-il vraiment mettre « whisky » au pluriel ? Est-ce mon esprit contestataire qui se réveille ? Ou est-ce que j’ai choisi un manuel pas assez tatillon ?

Ça promet, ces révisions… J’ajoute un « 1 » au titre de ce billet, on ne sait jamais…

 

C’est pas pour me vanter…

Vendredi 17 février 2012

…mais voilà :

Sophie Dinh,

Comme près de 25.000 candidats, vous avez répondu aux tests de sélection de la deuxième édition de notre grand concours Timbrés de l’orthographe, organisé avec le soutien de La Poste.

Toutes nos félicitations ! Vous faites partie des 10.000 candidats sélectionnés pour les finales régionales qui se dérouleront le samedi 24 mars (entre 14h et 16h) simultanément dans 20 villes de France.

Vous serez personnellement rattaché au centre de :

ORLEANS

Vous recevrez, au plus tard le 15 mars, votre mail de convocation vous précisant le lieu de convocation et les détails pratiques de votre finale régionale.

Comme l’an passé, les questions vous seront posées par Frédérick Gersal et la dictée lue par notre parrain Eric-Emmanuel Schmitt.

Au nom de tous nos partenaires, nous vous renouvelons toutes nos félicitations pour cette qualification et nous nous réjouissons de vous accueillir le 24 mars.

Dans cette attente,

Très cordialement

Les timbrés de l’orthographe.

 

Han  ! Je vais rencontrer Eric-Emmanuel Schmitt ! J’en perds déjà tous mes moyens !

Si vous avez de bons manuels de révision à me proposer, je suis preneuse !

Travailleurs indépendants – sondage Ifop

Jeudi 9 février 2012

J’ai répondu aujourd’hui à un sondage Ifop ciblant les travailleurs indépendants, TPE, commerçants, professions libérales, etc.

Entre autres questions fort pertinentes (« Pour quel candidat voteriez-vous si le premier tour avait lieu aujourd’hui ? » ou « Que pensez-vous de la politique de Nicolas Sarkozy concernant la hausse de la TVA ? »), on m’a demandé si j’avais une suggestion à émettre pour faciliter la vie économique des travailleurs indépendants et des petits commerçants.

J’ai sauté sur l’occasion pour demander que les charges sociales cessent – enfin – d’être calculées sur le chiffre d’affaires des années précédentes.

Si on fait tous pareil, ils vont peut-être nous entendre ?

Qu’est-ce que vous en dites ?

Monsieur le ministre

Jeudi 2 février 2012

Monsieur le ministre, je vous dois des excuses : je ne vous ai pas reconnu, ni comme président du Conseil général, ni comme député, ni comme ministre. A vrai dire, j’ignorais même l’existence de votre ministère. Et bien sûr, je ne savais pas que c’était votre anniversaire… Bref : tout faux, sur toute la ligne.

Pour mes lecteurs, permettez-moi de replacer la scène dans son contexte, histoire d’essayer de susciter quelque indulgence, au moins chez eux…

Au forum des métiers de Lunay (Loir-et-Cher), nous partagions aujourd’hui un stand entre deux traducteurs et deux journalistes.

La fréquentation des collégiens a été un record, puisqu’à nous deux (les traducteurs), nous en avons renseigné 73 ! Comme d’habitude, certains semblent là uniquement pour faire signer le papier justifiant qu’ils ont bien demandé des informations, mais d’autres sont sincèrement motivés, voire passionnés, et pour un seul de ceux-là je sacrifie gaiement une journée de travail rémunéré.

Justement, en milieu d’après-midi, j’étais en conversation avec une élève profondément intéressée par le quotidien de notre métier, les relations avec les clients, le type de document qu’on est amené à traduire, etc. Elle me posait question sur question, prenant des notes avec enthousiasme.

Or pendant cet entretien, au moins deux photographes se sont approchés sur le côté de notre table, nous collant presque leur objectif sous le nez pour saisir ce qui se passait à l’autre bout de la table. Mon élève en perdait un peu son fil, mais pour la rassurer je lui ai dit qu’ils se contentaient de photographier les journalistes et leurs « propres » élèves.

Jusqu’au moment où, entendant prononcer le terme « interprète » (équivalent chez moi d’une alerte Google, comme d’autres du même champ lexical), je perds à mon tour mon fil et tourne – enfin – la tête vers l’autre extrémité de la table. Vous trouverez certainement la photo de ce que j’ai vu à cet instant dans le prochain numéro de Loir-et-Cher Info : un monsieur élégant et souriant, entouré d’un groupe de personnes qui visiblement l’accompagnaient. Il discutait alors avec les journalistes, mais s’était avisé de notre présence, annonçant que justement, sa fille souhaitait devenir interprète.

Tout en ayant – tout de même – vaguement conscience que ce monsieur n’était sans doute pas n’importe qui, j’avais déjà dans l’idée de l’inviter à prendre la suite de mon élève pour lui donner quelques tuyaux susceptibles d’aider sa fille à mieux cerner le métier qui l’intéressait. Après tout, j’avais déjà renseigné plusieurs parents depuis le matin.

Fort courtois, le monsieur me tend la main en se présentant « Maurice Leroy », à quoi je répond avec mon sourire le plus chaleureux (vous ne le verrez pas, il n’y avait pas de photographe de l’autre côté) : « Sophie Dinh, traductrice ».

Lorsqu’il ajoute « Je suis le président du Conseil général », j’étouffe un « oups » et me déclare sincèrement ravie de faire sa connaissance.

Il me pose alors quelques questions sur le genre d’interprétations que j’effectue. Soulagée de savoir quoi répondre, j’explique succinctement que l’interprétation est une prestation orale, tandis que je suis traductrice, à l’écrit, et je lui montre un échantillon de mes dernières traductions publiées.

Hélas, la situation s’est gâtée avec sa réplique suivante, qui montrait clairement que soit il n’avait pas compris un mot de mon explication sur ce qui distingue un traducteur d’un interprète, soit il ne l’avait pas écoutée, mais voilà, il m’est clairement apparu que ce monsieur (je ne savais pas encore qu’il était ministre) ne faisait toujours pas la différence entre traducteur et interprète.

Avant que vous doutiez de mes compétences en explication, je tiens à préciser que tous les collégiens à qui j’ai eu l’occasion de décrire cette fameuse distinction l’ont assimilée sans difficultés.

Après ça, le monsieur nous a salués à nouveau très poliment et s’en est allé, suivi de ses accompagnateurs. C’est alors que mes voisins journalistes m’ont plongée dans une confusion infinie en m’apprenant à quelle personnalité j’avais eu l’honneur de m’adresser, et qu’elle était certainement très vexée que je ne l’aie pas reconnue.

Cela étant, permettez-moi, Monsieur le ministre, de vous souhaiter – bien qu’un peu tard – un bon anniversaire, et d’espérer qu’entre ma vexation de n’avoir pas été comprise dans mon explication et la vôtre, de n’avoir pas été reconnu, nous sommes quittes…

Si vous nous faites à nouveau l’honneur de visiter notre stand l’année prochaine, je vous promets de faire amende honorable.

En attendant, et avec l’autorisation de son auteur, je vous propose ce petit rappel illustré clair et concis (traduit par mes soins). L’original se trouve sur Mox’s blog, merci Alejandro !

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