Les Timbrés de l’orthographe – bilan de la demi-finale

Je me dis que j’ai bien fait d’être très fière d’avoir été sélectionnée pour la finale régionale des Timbrés de l’orthographe (cf. ici). Parce que… comment dire… pour la finale, ce n’est pas gagné* !

Si vous voulez vous amuser à faire le test, vous pouvez voir les questions et les réponses sur le site des Timbrés. Et remettez à plus tard la lecture de ce billet qui va dévoiler des réponses…

D’abord, j’ai fait six fautes au questionnaire (je ne sais pas ce que c’est qu’un complément d’agent, ni dans quoi les bergers auvergnats fabriquaient leurs fromages et le coup des verbes pronominaux dont le participe passé ne s’accorde pas toujours avec le sujet lorsqu’il est conjugué avec l’auxiliaire « être », j’avais oublié, voilà…

C’est pour ça que dans la dictée, j’ai écrit « (…) où chèvres et moutons s’étaient succédés (…) » (Je rassure tout de suite mes éventuels clients, mon correcteur orthographique me souligne obligeamment la faute ici).

Ensuite, je retiendrai que « rudiments », au sens de notions élémentaires, est toujours pluriel, et qu’on doit donc écrire « nuls rudiments ». Celle-là, j’aurais vraiment pu l’éviter.

Je ne vous fais pas l’inventaire de toutes mes erreurs, j’en fait cinq ou six (j’ai tellement hésité à mettre « ruine » au pluriel ou au singulier, que je ne sais plus ce que j’ai écrit…). Ce qui confirme ma première impression, que cette dictée était beaucoup moins difficile que la dictée des traducteurs de la SFT.

J’ai eu la surprise, après coup, d’apprendre que dans certaines villes, « géhenne » avait été épelé, comme s’il s’agissait d’un nom propre (le mot était en début de phrase). Il aurait peut-être fallu que les lecteurs puissent prendre connaissance du texte plus tôt, ou qu’on leur signale visuellement les mots à épeler. J’imagine que les correcteurs ne vont donc pas compter les fautes sur ce terme.

Les cinq cents meilleures copies seront sélectionnées pour la finale. J’ai demandé ce qui se passerait si plus de cinq cents personnes avaient tout juste, mais le cas n’avait manifestement pas été envisagé… (On m’a répondu que si, par extraordinaire, cela se produisait, tous les candidats ayant fait un sans faute iraient en finale.)

Conclusion

Un peu d’humilité ne me fera pas de mal. Je prends la résolution d’être plus attentive dans mes lectures, en m’interrogeant davantage sur les accords, et de ne plus me reposer sur le correcteur orthographique mais, en cas de doute, de chercher la règle.

Les non-traducteurs qui me lisent se disent peut-être que c’est un peu léger de ma part, de garantir un travail de qualité quand on est capable de faire 5 fautes dans un texte de 330 mots.

Je tiens à rassurer ceux qui ont pu se faire cette réflexion somme toute naturelle : premièrement, quand je travaille, et contrairement aux conditions de cette demi-finale, j’ai le droit de m’aider de TOUTES les références que je souhaite, du dictionnaire à la liste de diffusion d’APROTRAD, en passant par Internet et ses multiples ressources fiables. Je ne m’en prive pas et je vérifie soigneusement les travaux que je livre.

Deuxième assurance

Lorsque je traduis pour un client direct, je me fais relire par un autre personne, linguiste et spécialisée dans le domaine concerné, qui va traquer les – éventuelles – coquilles restantes. (Précision : quand je traduis pour une agence, c’est elle qui se charge de cette relecture, bien sûr !) Vous pouvez lire à ce sujet mon article sur la relecture externe.

Et vous ? Vous y étiez ? Vous pensez être sélectionnés ?

* »Pour la finale, ce n’est pas gagné » © Mik

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24 commentaires sur “Les Timbrés de l’orthographe – bilan de la demi-finale”

  1. Nelia dit :

    Bonjour Sophie,

    Le bilan est assez similaire pour moi. 4 fautes au questionnaire, mais visiblement pas les mêmes. Pour 2 ou 3 réponses, j’ai répondu un peu par hasard ou par élimination, et j’ai eu de la chance… Certaines règles me sont revenues comme par enchantement, celle du complément d’agent, le verbe asseoir, etc.
    Pour la dictée, en revanche, j’ai rencontré 2 ou 3 problèmes d’accent circonflexe (en trop ou manquants) et je compte 9 fautes en tout. Je pense avoir fait les mêmes fautes que toi (rudiments, ruine, que j’ai mis au pluriel, succédé…), plus quelques autres !
    Comme tu le dis, ça permet de se rappeler qu’on est loin d’être infaillible. Cela dit, c’est vrai que nous sommes habituées à pouvoir consulter divers ouvrages ou sites de référence ou à nous appuyer sur les confrères en cas de gros doutes.

    Je doute aussi d’être à la finale, mais j’ai trouvé l’exercice vraiment sympa !
    Et cadeau bonus : la seule personne que je connaissais dans toute la salle est correspondante Ouest-France. Sa rédaction l’a appelée juste au moment où on terminait notre conversation et il devrait donc y avoir un petit article aujourd’hui ou demain avec ma trombine !

  2. Anne dit :

    Bonjour Sophie,

    je vois que je ne suis pas la seule traductrice à avoir tenté le concours des Timbrés de l’orthographe!

    J’ai été surprise par les questions du questionnaire concernant les burons ou la ganache… Ce n’est vraiment pas évident pour tout le monde. Mais peut-être que ce sont sur ces questions-là qu’ils espèrent départager les candidats.
    De mon côté, mes déductions m’ont porté chance, car je n’ai fait que deux erreurs dans le questionnaire.

    J’ai été étonnée que les noms propres ne soient pas épelés. Je n’aurais jamais écrit « Géhenne » de la sorte! En espérant que les fautes sur ces noms ne soient pas prises en compte!

    C’est vrai que ce genre d’exercice permet de se remettre en question. On se sert tellement d’outils qu’on oublie quelques rudiments!

  3. Sophie dit :

    Nelia, tu en as de la chance d’être dans le journal ! J’avais fait la coquette au cas où la télé serait là, mais elle n’y était pas. Quant au journal, pas de regrets : la photo en noir et blanc n’aurait pas montré que j’avais assorti mon sac et mes chaussures ;-)

    Anne, si je comprends bien les noms propres ne vous ont pas été épelés ? En principe ils devaient l’être. Dans quelle ville êtes-vous passée ? Concernant « géhenne », ce n’est pas un nom propre, mais il a été épelé à certains endroits et pas à d’autres…

  4. Anne dit :

    Non, les noms propres n’ont pas été épelés. J’étais à Nantes.
    Pardon pour « géhenne », je ne connaissais pas du tout ce mot – ce à quoi j’ai désormais remédié! J’étais persuadée que c’était le nom du bidonville!

  5. Sophie dit :

    Une autre Anne me signale que le corrigé donné ici : http://www.bienpublic.com/actualite/2012/03/26/decouvrez-les-corriges-de-la-dictee-des-timbres-de-l-orthographel indique « nul rudiment »… bizarre, n’est-ce pas ?

  6. Alix dit :

    N’ayant pas fait la dictée (ouf ;) je me contenterai de commenter une phrase de ta conclusion, Sophie :
    « Les non-traducteurs qui me lisent se disent peut-être que c’est un peu léger de ma part, de garantir un travail de qualité quand on est capable de faire 5 fautes dans un texte de 330 mots. »

    Grand dieu, non ! on ne s’imagine pas que tu travailles avec légèreté, te contentant de choisir une autre option quand le correcteur d’orthographe te souligne un mot. Pas après avoir lu de nombreux articles sur ce site où on voit ton souci constant d’exactitude et de perfection.

    Bravo à toutes, moi je vais aller chercher géhenne dans le dictionnaire ;)

  7. clemmentine dit :

    L’autre Anne, c’est moi (obligée de prendre un pseudonyme puisqu’il en existe déjà une sur ce… site ? blog ?…enfin ici quoi)

    J’ai décidé que la bonne version de la dictée est celle qui écrit « nuls rudiments » au pluriel puisque c’est ce que j’ai écrit, repensant à une phrase lue récemment dans ces pages ou ailleurs, qui disait en substance : « quand il y en a en général plusieurs, s’il n’y en a pas, c’est au pluriel »

    Je ne suis pas traductrice mais me pique (me piquais ?) d’écrire correctement. J’ai tout de même fait 7 fautes à la dictée et 5 aux questions (avec quelques bonnes réponses dues au hasard, rendons à César… :-)

    Moi aussi je suis étonnée que les noms propres n’aient pas été épelés à Nantes, je pensais qu’il était précisé par écrit qu’ils devaient l’être. Je ne vois pas pourquoi la prof qui a effectué la lecture à Lyon aurait pris cette décision de son propre chef.

    Quoi qu’il en soit, pour avoir fait auparavant moult dictées de Pivot ou des dico d’or, j’estime que celle-ci était tout de même nettement moins ardue, ne serait-ce que parce qu’elle était dépourvue de mots rares affublés de nombreux adjectifs à accorder en genre (une faute de genre et hop : 5 ou 6 fautes qui suivent !)

  8. Anne dit :

    Je reviens sur le « nuls rudiments ». Personnellement, j’ai écrit « nul rudiment » et j’ai été surprise de voir « nuls rudiments » dans le corrigé. Je n’arrive pas à trouver d’autres exemples de ce syntagme. Cependant, j’ai consulté le Robert et le CNRTL (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/rudiment) et je comprends que « rudiment » peut aussi bien être employé au singulier qu’au pluriel dans le sens de « connaissances élémentaires ». Du coup, je me demande si « nul rudiment » est inexact ou pas.
    Clemmentine, je ne comprends pas trop ton raisonnement: « quand il y en a en général plusieurs, s’il n’y en a pas, c’est au pluriel ».

  9. Sophie dit :

    Anne: merci pour ton lien qui dit « le plus souvent au pluriel », contrairement à mon Larousse qui laisse entendre que seul le pluriel a le sens de « notions élémentaires ».
    Si je peux me permettre de répondre pour Clémentine, l’idée est qu’un terme qui n’a pas de singulier comme « gages » (dans le sens de salaire) ou « funérailles » reste au pluriel même en son absence. Donc « nulles funérailles », « aucuns gages », etc.

    Visiblement, selon les sources, « rudiments » n’entre pas dans la même catégorie.
    Je crois qu’on verra bien ce qu’ils décideront, aux Timbrés…

  10. clemmentine dit :

    En effet ma phrase n’était pas très claire, ça le sera peut-être plus si j’écris :
    « il ne portait pas de chemise »
    et
    « il ne portait pas de chaussettes »
    C’est en pensant à cela que j’ai écrit « nuls rudiments », le mot rudiments étant en général employé au pluriel comme les chaussettes.
    Même si il n’est pas TOUJOURS au pluriel, pas plus que les chaussettes qui peuvent être seules notamment en sortant de la machine à laver :-)

  11. Lise dit :

    Moi j’ai participé a la finale 2012 et j’ai 12 ans!
    Je sais que ce n’est pas pareil que vous et donc je voulais dire que moi déjà j’ai trouvé dur la demi-finale en enfants alors je n’imagine pas pour vous!Ma soeur de 26 ans a aussi été recalée a la demi-finale! Et la finale était super dur!
    Mais bravo a vous!

  12. Sophie dit :

    Merci, et bravo à toi, Lise. J’ai été très impressionnée par la difficulté de la première partie de la dictée, aussi bien à la demi-finale qu’à la finale.
    Est-ce que tu as participé aux tests de sélection cette année ? Si oui, bonne chance !

  13. Lise dit :

    Merci beaucoup.
    Oui j’y ai participé, ainsi que ma soeur, pour la troisième année consécutive mais je ne pense pas qu’on soit sélectionnées car plus de nouvelles.

  14. Lise dit :

    Et vous? Avez vous participé au test de sélection?
    Sinon vous avez de la chance de faire votre métier! J’adore l’anglais et c’est ma matière préférée au collège.

  15. Sophie dit :

    Oui, j’ai participé au test, mais je n’ai pas de nouvelles pour l’instant.
    Et oui, la traduction est un beau métier, et j’ai de la chance de pouvoir l’exercer. Si tu souhaites t’orienter vers cette profession, n’hésite pas à me contacter à mon adresse e-mail (contact[at]traduction-pro[point]eu) le moment venu pour avoir des informations plus précises :-)

  16. Lise dit :

    Merci beaucoup à vous mais je me penche plutôt vers le métier de véterinaire depuis toute petite! Je verrai si ça me plait toujours lors de mon stage en 3 ème et si ce ne’st pas le cas je pourrai me tourner vers le métier de traducteuse :’)

  17. Lise dit :

    Je veux dire traductrice :’)

  18. Lise dit :

    Aors avez-vous été sélectionnée?
    J’ai eu la réponse aujourd hui et je vais a la finale régionale.

  19. Sophie dit :

    Bravo ! Rien dans ma boîte de réception pour l’instant…

  20. Sophie dit :

    Ça y est, j’ai la réponse, j’irai à la finale régionale à Orléans le 6 avril (2013).

    Bonne chance à toi, Lise !

  21. Lise dit :

    Merci à vous aussi! Moi c’est à Brest.
    Peut-être se verra à Paris!

  22. Lise dit :

    Peut-être qu’on se verra à Paris je veux dire!

  23. Cloe D dit :

    Bonsoir
    Je passe les finales régionales 2013 demain, ce que vous me dites me fait peur… Autant je suis calée en orthographe et en grammaire, autant les questions en culture ça me fait vraiment flipper ^^
    Au fait, moi aussi je suis traductrice anglais-français :D
    Je croise les doigts !!

  24. Sophie dit :

    Bonjour Cloe,

    je crois qu’un traducteur est naturellement intéressé par les mots, leur origine, les règles auxquelles ils obéissent, etc. Pas seulement dans le travail. Du coup, toutes les questions qu’on se pose, les recherches étymologiques qu’on fait, les réponses qu’on trouve, enrichissent progressivement notre culture générale relative aux mots et à la (ou aux) langue(s).
    Or les questions de culture générale du concours sont axées sur la langue et les mots. Vous voyez où je veux en venir ? Je suis sûre que la déformation professionnelle de notre métier nous donne un petit atout supplémentaire. Personnellement, je m’inquiète beaucoup plus pour l’accord des participe passés des verbes pronominaux, accidentellement pronominaux, réfléchis, et j’en passe…

    Bonne chance, je nous souhaite d’être sélectionnées :)

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