Archives de la catégorie ‘Langue’

Quand la relecture ajoute des erreurs…

samedi 30 octobre 2010

J’ai (encore) été publiée ! Quelle joie, quelle fierté aussi, lorsque j’ai reçu l’édition française de Diversité, un livre pour la jeunesse traduit à la fin de l’hiver dernier.

Vite, vite, je l’ouvre, je vérifie que mon nom apparaît bien et je le feuillette avec émotion.
C’est un album très illustré, où le texte lui-même forme des dessins et autres effets graphiques. Je découvre donc ma traduction mise en forme et en page, ravie.

Et voilà que ma tante qui lisait par-dessus mon épaule pointe une grosse faute, dans un gros titre.
Mon sang ne fait qu’un tour, comment ai-je pu laisser une erreur pareille ? Je vérifie immédiatement le fichier que j’avais livré et constate, interloquée mais néanmoins soulagée, que la faute n’est pas la mienne.

Une fois passé le premier moment de perplexité, je suis bien ennuyée : il n’y a plus grand-chose à faire, puisque le livre est publié.

Je le signale à l’éditeur qui ne réagit pas.
La seule chose que je puisse faire, me semble-t-il, c’est, si cet éditeur me recontacte, de poser au départ la condition que je relirai les épreuves avant la publication.

Cette mésaventure m’était déjà arrivée il y a quelques années, alors que j’avais traduit le texte d’un emballage pour un ustensile de cuisine révolutionnaire (à l’époque), en silicone. Quelques mois plus tard, j’avais trouvé ma traduction dans les rayons de mon supermarché, avec une énorme faute qui ne m’était pas imputable.
Pour moi, c’était moins grave qu’aujourd’hui, puisque mon nom n’apparaissait pas. Mais j’avais déjà trouvé ça assez rageant.

Je me demande que font les autres traducteurs, quand ils découvrent après publication des erreurs qui ont été ajoutées à leur travail ?

L’expression du jour : man flu

vendredi 1 octobre 2010

Au cours d’une soirée il y a quelques jours, une amie irlandaise a évoqué devant moi l’expression « man flu », désignant une affection bénigne qui vous met à l’article de la mort. L’idée de base est qu’un homme souffrant d’un simple rhume décrirait ses symptômes comme ceux d’une grippe, et sous-entend que ce n’est pas le cas des femmes. En français, cela pourrait se traduire par une « grippe d’homme » qui serait aussi éloignée de la pathologie grippale que la « minute de coiffeur » d’une période de 60 secondes.

Ce phénomène n’est pas inconnu en France, loin de là, mais j’ai trouvé curieux que les Anglo-Saxons lui aient trouvé un nom « officiel ». Dès que j’ai eu 5 minutes deux heures devant moi, j’ai donc fait quelques recherches sur cette expression amusante. La plupart des références que j’ai trouvées sont britanniques.

Cette expression populaire a été montée en épingle en 2006, lorsque le magazine masculin Nuts a publié les résultats d’un sondage révélant que le « man flu » est une véritable maladie, et que les hommes grippés souffrent davantage et plus longtemps que les femmes. Ce sondage ayant été réalisé en ligne, auprès de 2000 lecteurs du magazine, on peut légitimement douter de sa rigueur scientifique. Mais le buzz était lancé !

J’ai trouvé un article indigné, dont l’auteur fustige ce soi-disant sondage en démontrant qu’il n’a rien à voir avec une étude scientifique. Parmi ses reproches : les personnes interrogées ne sont pas représentatives de la population (1000 ou 2000 – selon les sources – lecteurs du magazine Nuts, cela exclut pas mal de catégories) ou encore, les déclarations des répondants, loin d’être recoupées par des faits médicaux avérés, reposent exclusivement sur les souvenirs des personnes interrogées… Pour l’auteur, Nuts a simplement fait un coup de pub qui risque malheureusement d’être repris dans la presse au point que la population finisse par y voir un fond de vérité.

J’ai trouvé un site amusant, qui proclame sérieusement que cette maladie n’affecte que le chromosome Y, et propose un outil d’évaluation de sa gravité par étude de la couleur du mucus (si si, le « morvomètre » vaut le coup d’oeil !). Bel exemple d’humour britannique.

J’ai trouvé un article plus sérieux de l’institut de recherche de l’Université McGill au Canada, résumant une étude menée sur des souris, qui tend à démontrer que le système immunitaire des femmes est plus puissant que celui des hommes. Bien sûr, il reste à mener l’étude sur des humains.

J’ai trouvé aussi une étude scientifique sur l’évolution des défenses immunitaires en fonction du sexe. Elle est fondée sur la modélisation mathématique de plusieurs hypothèses (par exemple : « Les hommes sont plus exposés que les femmes aux risques infectieux », ou « Les symptômes ressentis par les hommes sont plus intenses que ceux des femmes »). Et elle conclut que si certaines conditions sont vérifiées, il est possible que les systèmes immunitaires féminin et masculin évoluent différemment. Dans ce cas (c’est moi qui ajoute, pas les auteurs), le phénomène « man flu » pourrait avoir une réalité. Ce travail est impressionnant, mais d’une part, les hypothèses de départ ne sont pas exhaustives et d’autre part, il ne s’agit que d’une modélisation en quelque sorte « virtuelle », qui devra impérativement être complétée par une étude réelle pour prouver quoi que ce soit.

Et puis en vrac, j’ai trouvé des tas d’articles plus ou moins fantaisistes qui reprennent des morceaux choisis d’études plus ou moins sérieuses, en citant plus ou moins leurs sources de façon plus ou moins vérifiable et en concluant à peu près tout et n’importe quoi.

Et j’ai fait une découverte amusante : sur la quasi-totalité des blogs évoquant cette affection particulière, quel que soit le point de vue de l’auteur (« les hommes sont simplement douillets » ou « les hommes souffrent vraiment d’une maladie inconnue des femmes »), les commentaires sont les mêmes : ceux des hommes crient à l’injustice et au parti pris et clament que ce sont en réalité les femmes qui n’arrêtent pas de se plaindre, et ceux des femmes ricanent et réaffirment leur certitude que les hommes sont bien douillets…

Je me garderais bien de tirer une conclusion de la lecture de tous ces documents, encore que j’aie ma petite idée sur la question.

Surtout, je remercie Nici de m’avoir fait découvrir cette expression, et un homme (que je ne nommerai pas) de m’avoir inspiré cette recherche et ce billet…

Certification d’orthographe – 2

mardi 7 septembre 2010

J’avais laissé en suspens mon projet de certification d’orthographe, mais je l’ai retrouvé parmi mes bonnes résolutions de la rentrée.

Comme l’enjeu est important (souvenez-vous : le directeur du programme a promis de me rembourser mes frais d’inscription et d’entraînement si j’obtenais plus de 900 points), j’ai commencé par m’inscrire à l’entraînement.

La prochaine session d’examen à Paris est le 22 septembre. Je verrai si je me sens prête pour y participer.

Je n’ai suivi qu’un module sur sept pour l’instant, mais il m’a déjà posé quelques colles… Allons, un peu d’humilité ne peut pas faire de mal !

Certification Voltaire

vendredi 30 avril 2010

Vous connaissez peut-être mon intérêt pour l’orthographe, la grammaire et la syntaxe françaises. Dans un article du JDD publié ces jours-ci, je découvre avec ravissement un projet qui pourrait bien devenir ma nouvelle marotte, j’ai nommé le Projet Voltaire, et plus précisément la Certification Voltaire.

Postulat de départ : « l’orthographe se perd », « les jeunes ne savent plus écrire » (les commentaires de l’article du JDD sont édifiants), mais surtout, une mauvaise maîtrise des règles de français est préjudiciable aux entreprises (lire à ce sujet le rapport de Sue Anderson-Lenz qui démontre la forte influence de la qualité rédactionnelle sur les décisions d’achat), et par conséquent aux candidats à l’embauche.

Solution proposée : la Certification Voltaire sanctionne un examen de 2h30 composé d’une dictée et d’un QCM de 240 questions. Comparable au TOEIC en anglais, il permet d’arborer fièrement son niveau d’orthographe sur son CV.

Le nombre de points maximum est 1000 et l’échelle de lecture du résultat est la suivante :

300 points : aptitudes pour rédiger sans fautes des textes simples

500 points : aptitudes pour rédiger sans fautes des textes élaborés et nuancés

700 points : référent, aptitudes pour relire et corriger les textes de ses collaborateurs

900 points : expert

Je ne suis pas sûre que cette certification soit vraiment un plus pour un traducteur professionnel qui a d’autres références à présenter à ses prospects ou à ses employeurs potentiels.

À titre personnel, j’ai très envie de passer l’examen, histoire de. Et si j’obtiens moins de 900 points, j’abandonne ce métier pour aller faire pousser des chèvres en Ardèche je ressors mon Bled et mon Bescherelle et je les potasse jusqu’à ce que cet objectif soit atteint.

Mais tout de même, ce phénomène me conduit à m’interroger sur le niveau des élèves en général. Le responsable du projet Voltaire déclare : « Avant, l’orthographe était un acquis, maintenant c’est une compétence recherchée par les entreprises. » Ce qui me chagrine, c’est que je crois qu’il a raison. Et cela me donne le sentiment que nous avons perdu quelque chose, depuis la dernière génération. Sans être passéiste et tomber dans des discours du type « l’éducation, c’est plus ce que c’était ! », je me demande si ça ne vaudrait pas le coup d’essayer de comprendre d’où vient vraiment cette baisse de niveau.

Est-ce que le nombre de personnes ayant un très bon niveau d’orthographe est resté sensiblement le même, mais le nombre de bacheliers ayant augmenté, le taux de bacheliers bons en orthographe a baissé ?

Ou est-ce que, par rapport à la population adulte, le nombre de personnes ayant un très bon niveau d’orthographe a reculé ?

Quoi qu’il en soit, même si l’apparition de ce type de certification et de programmes de coaching en orthographe met en lumière un problème qui n’existait pas il y a 20 ans, je trouve ces initiatives positives, et j’espère qu’elles seront utiles aux personnes qui souffrent d’avoir une maîtrise insuffisante des règles du français.

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