Archives de la catégorie ‘Métier’

Une photo pro

Lundi 16 avril 2012

Traduction professionnelle

Voilà deux ans et demi, inspirée par l’expérience de Sara (son billet sur la Marmite ici), je prenais la décision de faire faire des photos professionnelles.

Je n’aurais pas cru que le pas à franchir entre la décision et le passage à l’acte serait si long et si difficile !

J’étais convaincue, pourtant :

  • Pour une traductrice indépendante qui ne rencontre ses clients et prospects qu’une fois par an sur des salons dans le meilleur des cas, afficher sa photo sur Internet facilite l’instauration d’une relation personnelle.
  • J’ai la certitude que lorsque nous cherchons un partenaire commercial, la réaction émotionnelle inconsciente que suscite chez nous l’apparence physique d’un candidat joue un rôle dans notre choix, même s’il n’est pas déterminant. Ainsi, une photo de qualité aura, à mon humble avis, plus de chances d’amener le prospect à cliquer sur l’adresse de votre site, dont le sérieux et le professionnalisme emporteront sa décision d’achat. (Attention, le site doit aussi répondre à ses préoccupations de qualité et/ou de compétences, la photo ne fait pas tout.)
  • Sur LinkedIn, Viadeo, Twitter et Google+, dans les groupes professionnels de LinkedIn et Viadeo, je me suis rendu compte que je réagis aux photos des membres. Et spontanément, je n’ai pas très envie d’en savoir plus sur une personne qui n’a pas de photo.
  • Ensuite, les « photographiés » se classent en 2 catégories : ceux qui ont visiblement fait appel à un pro, et ceux qui ont pris une photo qui leur plaisait dans l’album familial.
  • Attention, je parle ici uniquement de travail. Que les membres de mon cercle Famille sur Google+ affichent la photo de leurs enfants et petits-enfants, cela ne me choque pas du tout, au contraire (je vois comme les petits grandissent). En revanche, un pro dont le profil LinkedIn montre une photo de son hamster me désarçonne et m’incite plutôt à me tourner vers quelqu’un d’autre.

Jusqu’ici, j’avais contourné le problème en affichant mon logo. C’est plus personnel que l’oeuf de Twitter, mais pour être reconnue, je sens que j’arrive au bout de son efficacité.

Pour différentes raisons, je ne vais pas pouvoir me déplacer aussi souvent que je le pensais pour rencontrer en personne mes clients, prospects et confrères.

Alors pour ne pas rester un e-mail de prospection anonyme parmi tant d’autres, j’ai sauté le pas et fait faire de vraies photos !

J’espère ainsi que lorsque les personnes qui m’ont assuré lors de notre rencontre avoir absolument besoin d’un traducteur professionnel spécialisé en orthopédie (par ici les robots) reverront mon visage au détour d’une discussion sur un réseau social quelconque, ils se souviendront. Et ils prendront les quelques minutes nécessaires pour aller s’assurer que j’ai bien les compétences qu’ils recherchent, ou ils me rappelleront.

Et comme pour un travail de qualité, il vaut toujours mieux faire appel à un pro, j’ai cherché un photographe professionnel. J’en ai trouvé plusieurs dans ma région, mais je n’étais pas convaincue par leur book, j’avais peur qu’ils ne comprennent pas ce que je recherchais. Et puis je suis tombée sur Richard Malbrunot. J’ai parcouru son site et vraiment aimé ses portraits.

Lorsque je l’ai appelé, il s’est montré très disponible, a répondu clairement à toutes mes questions au téléphone, a très bien compris de quoi j’avais besoin et on a pris rendez-vous. Chez moi. Parce que c’est lui qui se déplace. La séance qui devait durer une heure en a plutôt pris presque deux, nous avons vraiment pris notre temps.

Lorsqu’il est arrivé, Richard avait déjà réfléchi à des poses particulières compte tenu de mon activité, j’ai apprécié cette idée. Je lui ai montré des photos de pros qui me plaisaient, on a fait des essais, des prises de vue à l’intérieur et dehors. Je l’ai trouvé très professionnel, parce qu’il a dû sentir que je manquais d’idées et m’a très bien dirigée. Cependant, tout au long de la séance, je l’ai senti très à l’écoute de ce qui pouvait me plaire.

Au total, j’ai 85 photos en stock et pour l’instant, j’ai choisi celle-ci comme photo de profil.

Pour conclure, si ma trombine vous plaît telle qu’il l’a traitée, si vous voulez vous offrir ses services et ses conseils pour professionnaliser votre identité visuelle sur Internet, n’hésitez pas à le contacter !

 

Guide de style ?

Samedi 3 mars 2012

Gisant au fond de mon lit, terrassée par la grippe, mon iPhone relevant néanmoins mes e-mails sur la table de chevet au milieu des huiles essentielles et autres antipyrétiques, j’ai vu passer en début de semaine un message d’une grande agence de traduction pour qui je travaille depuis mes débuts.

Ce message me demandait de prendre connaissance d’un guide de style à respecter pour toutes les traductions réalisées pour cette agence.

Lorsque j’ai commencé à récupérer un peu et à rattraper le travail en retard, j’ai repensé à cette requête qui m’a intriguée au plus haut point. Un guide de style, c’est un peu comme une charte graphique, il s’applique à une société, voire à un type de documentation de la société. Mais un guide de style applicable à TOUS les travaux réalisés pour une agence ? Sachant que pour cette agence, j’ai traduit des documents aussi variés que des brochures techniques pour un géant de l’informatique, des articles de magazine sur le développement des télécommunications dans certains pays pauvres, des interviews dans le domaine de la mode pour un journal spécialisé ou des normes d’évaluation de projet pour des organismes internationaux, je ne voyais pas bien l’intérêt – et encore moins l’opportunité – de standardiser le style des traductions.

C’est donc avec une grande curiosité que j’ai jeté un coup d’œil au fameux guide. Et là, stupéfaction ! Dès la deuxième page (16 au total), je suis sidérée par les conseils. Le guide est confidentiel et ne doit pas être divulgué, je ne vous livre donc que des extraits tronqués ou transformés en conservant leur fond, mais qui restent édifiants :

- La traduction doit « sonner français ». (Non ?!)

- Il faut éviter les formulation ambiguës et les répétitions. (Ça va pas être facile mais bon, je vais faire un effort.)

- En l’absence d’instructions spécifiques pour un projet, il faut consulter les éléments de référence pour faire son choix entre l’impératif et l’infinitif pour s’adresser au lecteur, et se tenir à ce choix jusqu’à la fin du document. (J’en prends bonne note.)

- Il faut éviter la voix passive, exemple : « La touche Entrée doit être appuyée » = incorrect (Il va vraiment falloir que je me surveille !)

- Dans les titres en français, contrairement à l’anglais, on ne met une majuscule qu’au début de la phrase, sauf, si le titre contient des noms propres, qui doivent conserver leur majuscule.

Et le reste de la même farine !

Est-il possible qu’ils se soient trompés, et aient envoyé ce guide à des traducteurs professionnels au lieu d’étudiants de première année à qui ce rappel était initialement destiné ?

Je crains hélas qu’ils n’aient pas fait d’erreur, et que ce soit délibérément que cette très grande agence a rédigé ce guide pour l’envoyer à ses sous-traitants.

Et je m’avance peut-être, mais je dirais que si elle l’a fait, ce n’est pas pour le plaisir mais pour répondre à un besoin.

Et si les sous-traitants de cette agence qui a pignon sur rue ont besoin qu’on leur rappelle (enseigne ?) ces principes de base, c’est que ce ne sont pas des traducteurs professionnels.

Petit historique : alors qu’il y a 10 ans, je réalisais environ 30 % de mon chiffre d’affaires avec les différentes entités de cette agence, cette proportion est tombée aujourd’hui à moins de 5 %, l’agence étant devenue entre-temps un Groupe International qui a racheté les petites entités individuelles pour qui je travaillais autrefois.

Il y a quelques années, le grand patron m’a personnellement téléphoné pour me demander de baisser mes prix, ce que j’ai refusé, arguant que mes frais fixes ayant plutôt tendance à augmenter, mes tarifs avaient tout intérêt à suivre la même pente. Je les ai d’ailleurs relevés quelques mois plus tard.

J’ai eu de moins en moins de commandes de la part de cette agence, et le plus souvent il s’agissait de tests de traduction (rémunérés bien sûr) qu’ils faisaient eux-mêmes pour un client final dont je n’entendais plus jamais parler par la suite (de là à conclure qu’on me faisait faire les tests pour être sûr de la qualité, puis, une fois le client gagné, on confiait les traductions récurrentes à des traducteurs moins chers, il n’y a qu’un pas…) ou des urgences. Malgré tout, je continue de traduire régulièrement des choses très intéressantes pour un client qui doit avoir un budget plus étoffé que les autres et cela me va bien.

J’ai très envie de conclure qu’à force de tirer les prix vers le bas et de travailler avec des prestataires qui acceptent des tarifs ridicules, cette agence est confrontée à d’importants problèmes de qualité, d’où ce guide de style pour essayer de redresser la barre.

À mon humble avis, cette stratégie ne sera pas payante. Il vaudrait bien mieux faire à nouveau appel à des traducteurs professionnels, afin de vendre à ses clients des traductions de qualité. Enfin, moi, ce que j’en dis…

Je pense que je vais leur répondre quelque chose du genre :

Je suis assez surprise de recevoir ce type d’instructions qui à mon sens s’adressent davantage à des étudiants de première année qu’à des traducteurs professionnels. Nous travaillons ensemble depuis 2001, et vous trouverez plutôt dans vos archives des compliments pour mon style et des remerciements pour la qualité des traductions livrées que des erreurs de syntaxe et de typographie aussi basiques que celles évoquées dans ce guide.

Sans m’avancer, si vous rencontrez des problèmes de qualité avec vos sous-traitants habituels, je serais heureuse de voir augmenter le volume de traductions que vous me confiez, et de garantir ainsi une prestation de qualité professionnelle à vos clients.

J’y réfléchis encore un peu :)

 

 

 

Travailleurs indépendants – sondage Ifop

Jeudi 9 février 2012

J’ai répondu aujourd’hui à un sondage Ifop ciblant les travailleurs indépendants, TPE, commerçants, professions libérales, etc.

Entre autres questions fort pertinentes (« Pour quel candidat voteriez-vous si le premier tour avait lieu aujourd’hui ? » ou « Que pensez-vous de la politique de Nicolas Sarkozy concernant la hausse de la TVA ? »), on m’a demandé si j’avais une suggestion à émettre pour faciliter la vie économique des travailleurs indépendants et des petits commerçants.

J’ai sauté sur l’occasion pour demander que les charges sociales cessent – enfin – d’être calculées sur le chiffre d’affaires des années précédentes.

Si on fait tous pareil, ils vont peut-être nous entendre ?

Qu’est-ce que vous en dites ?

Monsieur le ministre

Jeudi 2 février 2012

Monsieur le ministre, je vous dois des excuses : je ne vous ai pas reconnu, ni comme président du Conseil général, ni comme député, ni comme ministre. A vrai dire, j’ignorais même l’existence de votre ministère. Et bien sûr, je ne savais pas que c’était votre anniversaire… Bref : tout faux, sur toute la ligne.

Pour mes lecteurs, permettez-moi de replacer la scène dans son contexte, histoire d’essayer de susciter quelque indulgence, au moins chez eux…

Au forum des métiers de Lunay (Loir-et-Cher), nous partagions aujourd’hui un stand entre deux traducteurs et deux journalistes.

La fréquentation des collégiens a été un record, puisqu’à nous deux (les traducteurs), nous en avons renseigné 73 ! Comme d’habitude, certains semblent là uniquement pour faire signer le papier justifiant qu’ils ont bien demandé des informations, mais d’autres sont sincèrement motivés, voire passionnés, et pour un seul de ceux-là je sacrifie gaiement une journée de travail rémunéré.

Justement, en milieu d’après-midi, j’étais en conversation avec une élève profondément intéressée par le quotidien de notre métier, les relations avec les clients, le type de document qu’on est amené à traduire, etc. Elle me posait question sur question, prenant des notes avec enthousiasme.

Or pendant cet entretien, au moins deux photographes se sont approchés sur le côté de notre table, nous collant presque leur objectif sous le nez pour saisir ce qui se passait à l’autre bout de la table. Mon élève en perdait un peu son fil, mais pour la rassurer je lui ai dit qu’ils se contentaient de photographier les journalistes et leurs « propres » élèves.

Jusqu’au moment où, entendant prononcer le terme « interprète » (équivalent chez moi d’une alerte Google, comme d’autres du même champ lexical), je perds à mon tour mon fil et tourne – enfin – la tête vers l’autre extrémité de la table. Vous trouverez certainement la photo de ce que j’ai vu à cet instant dans le prochain numéro de Loir-et-Cher Info : un monsieur élégant et souriant, entouré d’un groupe de personnes qui visiblement l’accompagnaient. Il discutait alors avec les journalistes, mais s’était avisé de notre présence, annonçant que justement, sa fille souhaitait devenir interprète.

Tout en ayant – tout de même – vaguement conscience que ce monsieur n’était sans doute pas n’importe qui, j’avais déjà dans l’idée de l’inviter à prendre la suite de mon élève pour lui donner quelques tuyaux susceptibles d’aider sa fille à mieux cerner le métier qui l’intéressait. Après tout, j’avais déjà renseigné plusieurs parents depuis le matin.

Fort courtois, le monsieur me tend la main en se présentant « Maurice Leroy », à quoi je répond avec mon sourire le plus chaleureux (vous ne le verrez pas, il n’y avait pas de photographe de l’autre côté) : « Sophie Dinh, traductrice ».

Lorsqu’il ajoute « Je suis le président du Conseil général », j’étouffe un « oups » et me déclare sincèrement ravie de faire sa connaissance.

Il me pose alors quelques questions sur le genre d’interprétations que j’effectue. Soulagée de savoir quoi répondre, j’explique succinctement que l’interprétation est une prestation orale, tandis que je suis traductrice, à l’écrit, et je lui montre un échantillon de mes dernières traductions publiées.

Hélas, la situation s’est gâtée avec sa réplique suivante, qui montrait clairement que soit il n’avait pas compris un mot de mon explication sur ce qui distingue un traducteur d’un interprète, soit il ne l’avait pas écoutée, mais voilà, il m’est clairement apparu que ce monsieur (je ne savais pas encore qu’il était ministre) ne faisait toujours pas la différence entre traducteur et interprète.

Avant que vous doutiez de mes compétences en explication, je tiens à préciser que tous les collégiens à qui j’ai eu l’occasion de décrire cette fameuse distinction l’ont assimilée sans difficultés.

Après ça, le monsieur nous a salués à nouveau très poliment et s’en est allé, suivi de ses accompagnateurs. C’est alors que mes voisins journalistes m’ont plongée dans une confusion infinie en m’apprenant à quelle personnalité j’avais eu l’honneur de m’adresser, et qu’elle était certainement très vexée que je ne l’aie pas reconnue.

Cela étant, permettez-moi, Monsieur le ministre, de vous souhaiter – bien qu’un peu tard – un bon anniversaire, et d’espérer qu’entre ma vexation de n’avoir pas été comprise dans mon explication et la vôtre, de n’avoir pas été reconnu, nous sommes quittes…

Si vous nous faites à nouveau l’honneur de visiter notre stand l’année prochaine, je vous promets de faire amende honorable.

En attendant, et avec l’autorisation de son auteur, je vous propose ce petit rappel illustré clair et concis (traduit par mes soins). L’original se trouve sur Mox’s blog, merci Alejandro !

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...