Archives de la catégorie ‘Métier’

Un peu de courtoisie ne peut pas nuire…

jeudi 24 janvier 2013

…il arrive même que ce soit payant !

Ou : De l’intérêt d’envisager les conséquences de nos comportements à moyen, voire long terme

Voici quelques semaines, j’étais assez remontée contre un de mes clients, une agence avec qui je travaille depuis (très) longtemps, et qui m’a fait la mauvaise surprise de ne pas m’informer de sa mise en liquidation judiciaire. J’ai appris la situation, ironie, alors que je venais de livrer une traduction un peu conséquente.

Pour remettre les choses en perspective, je sais que mon client n’était pas tenu de m’annoncer ses difficultés et qu’il lui avait sans doute été conseillé de ne pas le faire pour éviter qu’une perte de confiance de ses partenaires accélère sa chute. Mais à l’idée que mes deux dernières factures ne me seront payées, dans le meilleur des cas, qu’aux calendes grecques, forcément, j’étais un peu agacée (euphémisme).

Au point qu’après ça, j’avais vraiment envie d’envoyer promener la chef de projet de ce client quand elle me proposait un travail (l’agence a été rachetée et l’activité, maintenue), tentée que j’étais de mettre tout le monde dans le même sac : le patron, les employés, le mandataire judiciaire et tous leurs ayants-droit sur huit générations.

Malgré tout, je suis une personne modérée, et je l’aimais bien, cette chef de projet. Elle a toujours un mot gentil, me remercie systématiquement d’accepter ses traductions, s’implique dans la résolution des problèmes techniques le cas échéant, bref, j’appréciais de travailler avec elle. En outre, elle n’était pas responsable de ma mésaventure.

Aussi, j’ai continué à lui répondre poliment, je lui ai présenté mes bons voeux pour la nouvelle année, et je ne l’ai pas vouée aux cinq cent mille diables.

À quelque temps de là, je reçois un e-mail d’une autre agence (pour qui je n’avais jamais travaillé) qui me propose une traduction très intéressante, tant en termes de contenu que de volume (montant de la facture = 7 x celui de mes deux créances en souffrance). Vous me voyez arriver ? C’était ma chef de projet qui m’avait recommandée.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que si je m’étais montrée simplement froide avec cette dame, elle aurait pu donner un autre nom que le mien. Alors que maintenant, j’ai un nouveau client. Grâce à elle.

Conclusion : savoir être aimable en toutes circonstances peut ouvrir des portes !

Les traducteurs et les salons professionnels : 6 avantages

lundi 4 juin 2012

Je veux parler des salons professionnels de nos clients directs.

Plus je les fréquente, et plus j’y trouve d’avantages :

1. Disponibilité des exposants

Peu de traducteurs font cette démarche, les exposants sont donc plutôt ouverts et enclins à prendre le temps de discuter avec les spécimens rares que nous sommes.

2. Enrichissement terminologique

Ces salons sont des mines de terminologie et de phraséologie : les fabricants parlent de leurs produits avec leurs mots « en contexte », ils en démontrent l’utilisation bien mieux que ne peuvent le faire tous les dictionnaires, lexiques et glossaires spécialisés et illustrés. Et en plus, ils répondent volontiers aux questions.

3. Notoriété

Quelle que soit notre niche, plus nous sommes spécialisés et moins les acteurs sont nombreux : nous croisons ainsi les mêmes personnes dans des salons différents. Des personnes qui vont nous classer dans leur mémoire comme « traducteur spécialisé dans mon domaine ». Cela n’a pas de prix.

4. Crédibilité

Lorsque nous expliquons à un client que nous serons absents quelques jours pour nous rendre à un salon professionnel de son secteur, ou lorsqu’un prospect lit sur notre bio que nous sommes des habitués de ces manifestations, sa confiance dans notre expertise grimpe instantanément de plusieurs degrés.

5. Veille technologique

Même si nous sommes abonnés à des revues spécialisées, même si nous avons configuré des alertes Google et autres flux RSS pour être informés des dernières avancées technologiques de notre secteur de prédilection, nous pouvons être sûrs de découvrir des nouveautés dans les salons professionnels : les exposants viennent y présenter (entre autres) leurs plus récentes conceptions. Et non contents de nous les montrer, ils nous expliquent précisément comment elles fonctionnent. (Avec un peu de chance, la documentation n’est pas encore traduite, pensez à poser la question !)

6. Contacts

Je n’ai pas commencé ma liste par ce point, car il me paraît le plus évident et le plus directement rentable : sur les salons, nous rencontrons nos prospects. Nous parlons avec eux, de leur métier et du nôtre. Nous quittons les limbes des expéditeurs d’e-mail anonymes pour devenir une personne, un pro, quelqu’un avec qui ils auront envie de travailler. Ne laissons pas passer une telle occasion !

 

La prochaine fois, je vous parlerai des trucs et astuces qui peuvent vous aider à faire de la visite d’un salon professionnel un investissement rentable.

Et vous, traducteurs spécialisés, est-ce que vous vous rendez sur les salons ? Partagez vos expériences !

Une photo pro

lundi 16 avril 2012

Traduction professionnelle

Voilà deux ans et demi, inspirée par l’expérience de Sara (son billet sur la Marmite ici), je prenais la décision de faire faire des photos professionnelles.

Je n’aurais pas cru que le pas à franchir entre la décision et le passage à l’acte serait si long et si difficile !

J’étais convaincue, pourtant :

  • Pour une traductrice indépendante qui ne rencontre ses clients et prospects qu’une fois par an sur des salons dans le meilleur des cas, afficher sa photo sur Internet facilite l’instauration d’une relation personnelle.
  • J’ai la certitude que lorsque nous cherchons un partenaire commercial, la réaction émotionnelle inconsciente que suscite chez nous l’apparence physique d’un candidat joue un rôle dans notre choix, même s’il n’est pas déterminant. Ainsi, une photo de qualité aura, à mon humble avis, plus de chances d’amener le prospect à cliquer sur l’adresse de votre site, dont le sérieux et le professionnalisme emporteront sa décision d’achat. (Attention, le site doit aussi répondre à ses préoccupations de qualité et/ou de compétences, la photo ne fait pas tout.)
  • Sur LinkedIn, Viadeo, Twitter et Google+, dans les groupes professionnels de LinkedIn et Viadeo, je me suis rendu compte que je réagis aux photos des membres. Et spontanément, je n’ai pas très envie d’en savoir plus sur une personne qui n’a pas de photo.
  • Ensuite, les « photographiés » se classent en 2 catégories : ceux qui ont visiblement fait appel à un pro, et ceux qui ont pris une photo qui leur plaisait dans l’album familial.
  • Attention, je parle ici uniquement de travail. Que les membres de mon cercle Famille sur Google+ affichent la photo de leurs enfants et petits-enfants, cela ne me choque pas du tout, au contraire (je vois comme les petits grandissent). En revanche, un pro dont le profil LinkedIn montre une photo de son hamster me désarçonne et m’incite plutôt à me tourner vers quelqu’un d’autre.

Jusqu’ici, j’avais contourné le problème en affichant mon logo. C’est plus personnel que l’oeuf de Twitter, mais pour être reconnue, je sens que j’arrive au bout de son efficacité.

Pour différentes raisons, je ne vais pas pouvoir me déplacer aussi souvent que je le pensais pour rencontrer en personne mes clients, prospects et confrères.

Alors pour ne pas rester un e-mail de prospection anonyme parmi tant d’autres, j’ai sauté le pas et fait faire de vraies photos !

J’espère ainsi que lorsque les personnes qui m’ont assuré lors de notre rencontre avoir absolument besoin d’un traducteur professionnel spécialisé en orthopédie (par ici les robots) reverront mon visage au détour d’une discussion sur un réseau social quelconque, ils se souviendront. Et ils prendront les quelques minutes nécessaires pour aller s’assurer que j’ai bien les compétences qu’ils recherchent, ou ils me rappelleront.

Et comme pour un travail de qualité, il vaut toujours mieux faire appel à un pro, j’ai cherché un photographe professionnel. J’en ai trouvé plusieurs dans ma région, mais je n’étais pas convaincue par leur book, j’avais peur qu’ils ne comprennent pas ce que je recherchais. Et puis je suis tombée sur Richard Malbrunot. J’ai parcouru son site et vraiment aimé ses portraits.

Lorsque je l’ai appelé, il s’est montré très disponible, a répondu clairement à toutes mes questions au téléphone, a très bien compris de quoi j’avais besoin et on a pris rendez-vous. Chez moi. Parce que c’est lui qui se déplace. La séance qui devait durer une heure en a plutôt pris presque deux, nous avons vraiment pris notre temps.

Lorsqu’il est arrivé, Richard avait déjà réfléchi à des poses particulières compte tenu de mon activité, j’ai apprécié cette idée. Je lui ai montré des photos de pros qui me plaisaient, on a fait des essais, des prises de vue à l’intérieur et dehors. Je l’ai trouvé très professionnel, parce qu’il a dû sentir que je manquais d’idées et m’a très bien dirigée. Cependant, tout au long de la séance, je l’ai senti très à l’écoute de ce qui pouvait me plaire.

Au total, j’ai 85 photos en stock et pour l’instant, j’ai choisi celle-ci comme photo de profil.

Pour conclure, si ma trombine vous plaît telle qu’il l’a traitée, si vous voulez vous offrir ses services et ses conseils pour professionnaliser votre identité visuelle sur Internet, n’hésitez pas à le contacter !

 

Guide de style ?

samedi 3 mars 2012

Gisant au fond de mon lit, terrassée par la grippe, mon iPhone relevant néanmoins mes e-mails sur la table de chevet au milieu des huiles essentielles et autres antipyrétiques, j’ai vu passer en début de semaine un message d’une grande agence de traduction pour qui je travaille depuis mes débuts.

Ce message me demandait de prendre connaissance d’un guide de style à respecter pour toutes les traductions réalisées pour cette agence.

Lorsque j’ai commencé à récupérer un peu et à rattraper le travail en retard, j’ai repensé à cette requête qui m’a intriguée au plus haut point. Un guide de style, c’est un peu comme une charte graphique, il s’applique à une société, voire à un type de documentation de la société. Mais un guide de style applicable à TOUS les travaux réalisés pour une agence ? Sachant que pour cette agence, j’ai traduit des documents aussi variés que des brochures techniques pour un géant de l’informatique, des articles de magazine sur le développement des télécommunications dans certains pays pauvres, des interviews dans le domaine de la mode pour un journal spécialisé ou des normes d’évaluation de projet pour des organismes internationaux, je ne voyais pas bien l’intérêt – et encore moins l’opportunité – de standardiser le style des traductions.

C’est donc avec une grande curiosité que j’ai jeté un coup d’œil au fameux guide. Et là, stupéfaction ! Dès la deuxième page (16 au total), je suis sidérée par les conseils. Le guide est confidentiel et ne doit pas être divulgué, je ne vous livre donc que des extraits tronqués ou transformés en conservant leur fond, mais qui restent édifiants :

– La traduction doit « sonner français ». (Non ?!)

– Il faut éviter les formulation ambiguës et les répétitions. (Ça va pas être facile mais bon, je vais faire un effort.)

– En l’absence d’instructions spécifiques pour un projet, il faut consulter les éléments de référence pour faire son choix entre l’impératif et l’infinitif pour s’adresser au lecteur, et se tenir à ce choix jusqu’à la fin du document. (J’en prends bonne note.)

– Il faut éviter la voix passive, exemple : « La touche Entrée doit être appuyée » = incorrect (Il va vraiment falloir que je me surveille !)

– Dans les titres en français, contrairement à l’anglais, on ne met une majuscule qu’au début de la phrase, sauf, si le titre contient des noms propres, qui doivent conserver leur majuscule.

Et le reste de la même farine !

Est-il possible qu’ils se soient trompés, et aient envoyé ce guide à des traducteurs professionnels au lieu d’étudiants de première année à qui ce rappel était initialement destiné ?

Je crains hélas qu’ils n’aient pas fait d’erreur, et que ce soit délibérément que cette très grande agence a rédigé ce guide pour l’envoyer à ses sous-traitants.

Et je m’avance peut-être, mais je dirais que si elle l’a fait, ce n’est pas pour le plaisir mais pour répondre à un besoin.

Et si les sous-traitants de cette agence qui a pignon sur rue ont besoin qu’on leur rappelle (enseigne ?) ces principes de base, c’est que ce ne sont pas des traducteurs professionnels.

Petit historique : alors qu’il y a 10 ans, je réalisais environ 30 % de mon chiffre d’affaires avec les différentes entités de cette agence, cette proportion est tombée aujourd’hui à moins de 5 %, l’agence étant devenue entre-temps un Groupe International qui a racheté les petites entités individuelles pour qui je travaillais autrefois.

Il y a quelques années, le grand patron m’a personnellement téléphoné pour me demander de baisser mes prix, ce que j’ai refusé, arguant que mes frais fixes ayant plutôt tendance à augmenter, mes tarifs avaient tout intérêt à suivre la même pente. Je les ai d’ailleurs relevés quelques mois plus tard.

J’ai eu de moins en moins de commandes de la part de cette agence, et le plus souvent il s’agissait de tests de traduction (rémunérés bien sûr) qu’ils faisaient eux-mêmes pour un client final dont je n’entendais plus jamais parler par la suite (de là à conclure qu’on me faisait faire les tests pour être sûr de la qualité, puis, une fois le client gagné, on confiait les traductions récurrentes à des traducteurs moins chers, il n’y a qu’un pas…) ou des urgences. Malgré tout, je continue de traduire régulièrement des choses très intéressantes pour un client qui doit avoir un budget plus étoffé que les autres et cela me va bien.

J’ai très envie de conclure qu’à force de tirer les prix vers le bas et de travailler avec des prestataires qui acceptent des tarifs ridicules, cette agence est confrontée à d’importants problèmes de qualité, d’où ce guide de style pour essayer de redresser la barre.

À mon humble avis, cette stratégie ne sera pas payante. Il vaudrait bien mieux faire à nouveau appel à des traducteurs professionnels, afin de vendre à ses clients des traductions de qualité. Enfin, moi, ce que j’en dis…

Je pense que je vais leur répondre quelque chose du genre :

Je suis assez surprise de recevoir ce type d’instructions qui à mon sens s’adressent davantage à des étudiants de première année qu’à des traducteurs professionnels. Nous travaillons ensemble depuis 2001, et vous trouverez plutôt dans vos archives des compliments pour mon style et des remerciements pour la qualité des traductions livrées que des erreurs de syntaxe et de typographie aussi basiques que celles évoquées dans ce guide.

Sans m’avancer, si vous rencontrez des problèmes de qualité avec vos sous-traitants habituels, je serais heureuse de voir augmenter le volume de traductions que vous me confiez, et de garantir ainsi une prestation de qualité professionnelle à vos clients.

J’y réfléchis encore un peu :)

 

 

 

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