Articles contenant ‘clients directs’

Les traducteurs et les salons professionnels : 6 avantages

Lundi 4 juin 2012

Je veux parler des salons professionnels de nos clients directs.

Plus je les fréquente, et plus j’y trouve d’avantages :

1. Disponibilité des exposants

Peu de traducteurs font cette démarche, les exposants sont donc plutôt ouverts et enclins à prendre le temps de discuter avec les spécimens rares que nous sommes.

2. Enrichissement terminologique

Ces salons sont des mines de terminologie et de phraséologie : les fabricants parlent de leurs produits avec leurs mots « en contexte », ils en démontrent l’utilisation bien mieux que ne peuvent le faire tous les dictionnaires, lexiques et glossaires spécialisés et illustrés. Et en plus, ils répondent volontiers aux questions.

3. Notoriété

Quelle que soit notre niche, plus nous sommes spécialisés et moins les acteurs sont nombreux : nous croisons ainsi les mêmes personnes dans des salons différents. Des personnes qui vont nous classer dans leur mémoire comme « traducteur spécialisé dans mon domaine ». Cela n’a pas de prix.

4. Crédibilité

Lorsque nous expliquons à un client que nous serons absents quelques jours pour nous rendre à un salon professionnel de son secteur, ou lorsqu’un prospect lit sur notre bio que nous sommes des habitués de ces manifestations, sa confiance dans notre expertise grimpe instantanément de plusieurs degrés.

5. Veille technologique

Même si nous sommes abonnés à des revues spécialisées, même si nous avons configuré des alertes Google et autres flux RSS pour être informés des dernières avancées technologiques de notre secteur de prédilection, nous pouvons être sûrs de découvrir des nouveautés dans les salons professionnels : les exposants viennent y présenter (entre autres) leurs plus récentes conceptions. Et non contents de nous les montrer, ils nous expliquent précisément comment elles fonctionnent. (Avec un peu de chance, la documentation n’est pas encore traduite, pensez à poser la question !)

6. Contacts

Je n’ai pas commencé ma liste par ce point, car il me paraît le plus évident et le plus directement rentable : sur les salons, nous rencontrons nos prospects. Nous parlons avec eux, de leur métier et du nôtre. Nous quittons les limbes des expéditeurs d’e-mail anonymes pour devenir une personne, un pro, quelqu’un avec qui ils auront envie de travailler. Ne laissons pas passer une telle occasion !

 

La prochaine fois, je vous parlerai des trucs et astuces qui peuvent vous aider à faire de la visite d’un salon professionnel un investissement rentable.

Et vous, traducteurs spécialisés, est-ce que vous vous rendez sur les salons ? Partagez vos expériences !

Client direct – une expérience peu commune

Mercredi 23 novembre 2011

Au printemps dernier, une expérience personnelle inédite m’a donné envie de partager quelques caractéristiques du travail « en direct ». À vrai dire, cela n’a absolument rien à voir avec un travail de traduction pour une agence. Ni dans la planification des opérations, ni dans l’établissement du calendrier, ni dans la relation avec le client, ni dans le suivi de l’avancement du projet, ni dans le feedback ni, évidemment, dans la réalisation de la tâche proprement dite.

Contexte

Rédactrice en anglais et traductrice-adaptatrice, Patricia Lane dirige le cabinet Franco-American Quill spécialisé dans la communication interculturelle. Depuis plusieurs mois, une relation d’amitié s’est tissée entre nous, qui dépasse largement l’échange professionnel. J’apprécie notamment sa finesse d’analyse, sa simplicité, sa franchise, sa grande humanité et son professionnalisme en toutes circonstances. La formation qu’elle a animée pour l’APROTRAD m’a apporté des outils inestimables pour développer mon activité de traduction pour des clients directs. J’étais donc en pleine fièvre créatrice lorsque Patricia m’a appelée pour me demander de l’aider à réaliser la version française de son nouveau site web.

Que les choses soient bien claires : Patricia traduit aussi vers le français et est parfaitement capable de rédiger vers le français des textes percutants et subtils, il suffit de jeter un coup d’œil sur son blog pour s’en convaincre. En l’occurrence, sa difficulté était qu’elle manquait de temps, après avoir planché sur la version anglaise, pour prendre suffisamment de recul afin d’adapter cette version en français avec un œil complètement neuf. Sa demande était très claire : je devais lui donner un élan, un premier jet en français qu’elle retravaillerait et affinerait ensuite.

Je vous passe la fierté, l’émotion, le questionnement, l’ambition… j’ai accepté. (Et dès que j’aurai retravaillé mon propre site en français, Patricia se chargera de l’adapter en anglais mais me fournira un produit fini car je ne suis pas bilingue, moi !)

Aujourd’hui, je reviens sur cette aventure exceptionnelle et enrichissante, en synthétisant les aspects les plus typiques.

Planification des opérations et calendrier

D’ordinaire, lorsque l’un de mes clients me confie une traduction, la planification est simple : répartition des éléments à traduire selon ma disponibilité, livraison échelonnée éventuelle, accord sur le calendrier de livraison, point.

Pour chaque « page » de son site, Patricia m’envoyait une première version EN, pour que je commence à me faire une idée du ton, du style, de l’atmosphère. Et on en parlait ensemble. Lorsqu’elle m’envoyait ensuite sa version finalisée, j’avais déjà en tête des tournures et des images, un fil conducteur que j’allais essayer de mettre en place.

Relation avec le client

Évidemment, mes clients habituels ne sont pas des amis et nous ne concluons pas nos conversations téléphoniques par des nouvelles de nos familles respectives.

Cette proximité a été pour moi un facteur de motivation supplémentaire.

Suivi de l’avancement du projet

Lorsque je travaille pour une agence, le délai est le délai, et à moins d’un changement particulier, il n’est pas mobile.

Avec Patricia, nous n’avions pas de date de livraison fixée : lorsque je recevais une page, je prenais quelques jours pour la lire, y penser, me l’approprier. Puis un matin, je me lançais dans la rédaction. Parfois, si une commande venait s’intercaler dans mon planning, je demandais à Patricia si elle pouvait attendre un jour ou deux de plus. Et sa réponse était toujours « Prends ton temps ».

J’ai particulièrement apprécié de ne jamais sentir de pression pour terminer à une date précise.

Feedback

Mes clients habituels me disent quelquefois que c’était bien (ou très bien, oui, oui), me signalent parfois des points qu’ils ont modifiés, mais toujours après la livraison, lorsque je n’ai plus la main sur le document.

De l’autre côté, j’en avais eu un aperçu lors de l’atelier de l’APROTRAD, Patricia sait donner un feedback, en expliquant ce qui ne lui convient pas et pourquoi, en précisant ce qu’elle attend, sans jamais oublier de reconnaître ce qui lui plaît. Ces commentaires précis et contextuels ont été d’une valeur inestimable pour retravailler certains passages en avançant dans la bonne direction.

Traduction proprement dite

La plus grande différence est là, sans aucun doute.

Lorsqu’on m’envoie une brochure de 1500 mots sur la dernière prothèse unicompartimentale de genou, je sais qu’il me faudra grosso-modo deux jours pour la traduire et l’envoyer au relecteur, en comptant le temps de pause indispensable avant ma propre relecture.

Lorsque je recevais une page de 350 mots de Patricia, je ne savais pas combien de temps j’allais y passer. Le couteau sous la gorge, je n’aurais pas pu donner d’estimation. J’ai passé des heures entières sur certains titres. Heureusement, certains paragraphes m’ont demandé moins de temps. Mais dans l’ensemble, ce travail m’a pris bien plus de temps qu’un article technique.

La démarche de traduction était assez particulière aussi, mais cela relève à mon avis plus de la particularité du support que du rapport client direct/agence. Je ne m’approprie pas le texte de la même manière si je traduis une technique opératoire ou un album pour enfants.

Conclusion

En résumé, je dirais que j’ai adoré cette collaboration qui m’a beaucoup appris, sur les relations qu’on peut avoir avec son donneur d’ordre mais aussi sur moi-même et ma façon de travailler. Bien sûr, cette situation est assez exceptionnelle et beaucoup de particularités qui m’ont frappée auraient sans doute été différentes ou atténuées avec un client direct qui n’aurait pas été 1) une amie, 2) une consoeur et 3) extrêmement compétente en rédaction en français.

Vous pouvez lire ma prose (remaniée par Patricia) sur le nouveau site français de Franco-American Quill, et ce qu’elle dit de notre collaboration ici.

Clients directs : intérêt d’une bonne préparation

Mardi 29 mars 2011

La gestion d’un projet de traduction en direct prend du temps, beaucoup plus que lorsqu’on travaille pour une agence.

Établissement du devis

Agence : « Pouvez-vous me prendre xx mots pour le tant ? » « Oui / Non, ce n’est pas mon domaine / Non je suis surbookée / Oui, mais plutôt pour le tant »

Client direct : « Combien ça coûte de traduire ce document ? » « Cher futur client, merci d’avoir fait appel à moi. Pour établir un devis précis, j’ai besoin d’en savoir un peu plus sur votre projet. Votre document est-il destiné à une publication interne ? Externe ? Avez-vous déjà fait traduire des documents similaires ? Pourrais-je les voir pour être sûre de bien respecter votre ligne éditoriale ? Vous m’avez envoyé un fichier PDF non convertible de 25 pages (gloups). Pourriez-vous me fournir le fichier d’origine (format Word, InDesign, que sais-je ?) ? »

Discussion du devis

Agence : « On va avoir beaucoup d’autres projets pour ce client. Vous nous faites un prix ? » « Ha ha ha ! Je vous ferai plutôt une petite remise après avoir traduit *beaucoup d’autres projets pour ce client* »

Client direct : « Argh ! Votre prix est quatre fois le budget que j’avais prévu ! » « Cher futur client, merci pour votre message. J’ai consulté attentivement votre site web, qui m’a convaincue de l’intérêt que vous attachez à votre communication. Votre offre est présentée clairement, vos clients s’y retrouvent sans aucun doute très facilement. En tant que spécialiste de la communication, je suis admirative. La traduction est un aspect de la communication. Pour remplir son rôle, elle doit s’harmoniser parfaitement avec ce que vous avez déjà conçu. Cela demande, outre une bonne connaissance de votre secteur d’activité, du temps et un important travail de vérification. C’est mon métier de fournir à mes clients une extension de leur communication qui s’intègre exactement dans leur environnement. Mon tarif reflète notamment le temps que je vais consacrer à votre projet. Si vous pouvez me fournir un fichier Word au lieu du PDF que vous m’avez soumis, ce temps de traitement « technique » pourrait être réduit et me permettre de vous proposer une remise de xx. »

Etc. c’est comme ça à toutes les étapes du processus.

Début de solution

Or si une demande de devis d’un client direct arrive à une période où vous êtes déjà complètement sous l’eau, vous risquez de perdre un temps précieux à répondre, de prendre du retard sur vos projets en cours, de bâcler votre réponse et finalement, de ne pas emporter le contrat.

Chaque demande est unique, mais vous pouvez préparer des modèles à l’avance, pour les adapter précisément le moment venu, et prendre quelques mesures pour être prêt à répondre :

- Modèle de devis comportant toutes les mentions qui peuvent s’appliquer à tous vos devis.

- Modèle dans toutes vos langues de travail, relu par un locuteur natif.

- Adapter le format selon la langue : par exemple, pensez à préparer vos devis destinés aux US dans un format « Letter » plutôt que A4. Votre client l’imprimera plus facilement, le cas échéant.

- Refaire vos modèles lorsque vous changez de traitement de texte ! Ça a l’air tout bête, il suffit de le faire une fois, mais tant que vous ne l’aurez pas fait, cela peut vous faire perdre un temps considérable (j’avoue, c’est du vécu !)

Et vous, quelles précautions prenez-vous pour être prêts à répondre à une demande de client direct, même lorsque vous n’avez que très peu de temps ?

Qualification des prospects – 2

Vendredi 28 janvier 2011

Dans le précédent billet, je décrivais comment la spécialisation peut vous amener à établir une liste de prospects à qui vous allez pouvoir proposer vos services. J’aborderai aujourd’hui différents cas de qualification.

II. Qualification des prospects : du cas par cas

1. Le cas idéal

On ne peut pas compter dessus pour bâtir sa stratégie, mais quand il se présente, c’est un véritable cadeau. Il peut être utile de s’y préparer afin de tirer pleinement avantage de l’occasion.

Le cas idéal, c’est lorsque la première personne à qui vous vous adressez au cours d’une manifestation quelconque, est précisément un acheteur de traductions ravi d’échanger sa carte contre la vôtre, et qui vous encourage à le recontacter.

Hop, un prospect qualifié sans effort !

2. Le cas exploitable

C’est celui de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… qui a vu l’ours. Vous rencontrez quelqu’un qui vous donne une information intéressante sur un prospect, par exemple sur une société qui prévoit de s’implanter en France ou qui cherche un traducteur pour un projet… Essayez d’en savoir le plus possible, dans l’optique de contacter directement la personne concernée : nom de la société au minimum, ses coordonnées si possible, le nom d’un contact dans cette entreprise, etc. Tâchez aussi d’en apprendre davantage sur le projet, cela vous aidera à mieux focaliser votre argumentaire.

3. Le cas qui semble perdu d’avance

Vous pouvez tomber sur une personne qui vous décourage tout de suite en déclarant qu’elle a déjà un fournisseur de traduction qui lui donne toute satisfaction. Prenez tout de même sa carte ou au moins son nom. Prévoyez de vous rendre compte par vous-même du travail de traduction de ce fournisseur. Si vous estimez pouvoir faire mieux, vous pourrez recontacter cette personne avec de bons arguments.

4. Le cas « standard »

Je l’appelle « standard » parce qu’il peut s’agir de n’importe quelle entreprise que vous considérez comme un prospect sans avoir eu de contact personnel et direct avec elle.

Étudiez attentivement le site web d’un prospect identifié. S’il y a un contact pour la distribution en France, appelez-le et expliquez que vous souhaitez faire une offre de services, puis demandez à qui vous devez l’adresser.

En tapant le nom de la société dans un moteur de recherche et des réseaux sociaux, éventuellement suivi de « France », vous pouvez aussi trouver des personnes qui y travaillent. Si vous n’avez pas la chance de tomber directement sur un responsable communication ou marketing, vous avez tout de même un contact, voire plusieurs. Envoyez-lui un message en expliquant votre requête. À mon avis, ce cas est le moins facile à faire fructifier parce que votre premier contact est quelqu’un que vous ne connaissez pas. Il y a de grandes chances qu’il ne prenne pas le temps de répondre si vous ne parvenez pas à trouver un contact téléphonique.

Conclusion

Je retiens quelques points clés de cette aventure :

1. Les salons spécialisés donnent accès facilement à de nombreux prospects.

2. Chaque fois que possible, un coup de téléphone est préférable à un e-mail.

3. Ensuite, réussir à qualifier un prospect est en grande partie une question de persévérance…

Et vous, quels sont vos trucs et astuces pour réussir à qualifier vos prospects ?

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