Articles contenant ‘élèves’

Conseils à l’usage des traducteurs débutants

mercredi 11 mai 2011

Je voudrais aborder un thème qui me tient à cœur, à savoir la non-préparation des jeunes traducteurs.

Au fil des années, j’ai personnellement constaté des erreurs récurrentes chez plusieurs personnes, ayant suivi ou non des études de traduction, ayant eu ou non une expérience professionnelle antérieure, et cela me donne envie aujourd’hui d’entamer une liste de conseils pour ne pas se casser le nez bêtement avant même d’avoir pris pied sur le marché de la traduction pro.

  1. Traduisez vers votre langue maternelle. Je croyais que toute personne qui s’intéresse, même de loin, à la traduction, connaissait ce principe fondamental. Mais dernièrement, plusieurs étudiants de M2 (potentiellement traducteurs pros dans 6 mois donc) m’ont fait la surprise de chercher un stage de traduction depuis et vers toutes leurs langues de travail, même celles qu’ils avaient « simplement » apprises à l’école. Rappelons-le : sauf cas exceptionnels, on ne traduit que vers sa langue maternelle, c’est une condition sine qua non de qualité.
  2. Soignez votre annonce téléphonique. Je suis tombée un jour sur la messagerie d’une étudiante qui m’avait sollicitée pour faire un stage : là aussi, surprise, c’est J.-M. Bigard qui m’a répondu, m’expliquant avec la courtoisie et le raffinement qu’on lui connaît que mon interlocutrice n’était pas disponible. Ambiance.
  3. Soignez votre adresse e-mail. lapetitenanadu74@hotmail.fr, ça ne fait pas sérieux ! Pas plus que patouetdidi@gmail.com. D’une manière générale, un hébergeur gratuit n’est pas recommandé. L’idéal est d’acheter votre nom de domaine, ça ne coûte pas une fortune et ça donne à votre adresse un air tout à fait professionnel.
  4. Soignez votre travail. Ça à l’air idiot, comme conseil, mais j’ai été amenée à plusieurs reprises à relire des traductions qui étaient tout sauf pro : fautes d’orthographe et de grammaire, ponctuation fantaisiste, absence d’homogénéité dans la terminologie employée… Passez le correcteur orthographique pour les fautes de frappe, mais cela ne suffit pas ! Lisez votre traduction à haute voix, en écoutant comment elle « sonne ». Ce n’est pas parce que vous serez relu que vous pouvez laisser des coquilles : le travail que vous rendez doit être parfait à vos yeux, sans la moindre approximation. Parce que même ainsi, il restera des corrections et améliorations possibles pour le relecteur.
  5. Ne laissez aucune question sans réponse. Quelle que soit notre expérience, on rencontre toujours une tournure, une formulation, une phrase qui reste hermétique dans un texte à traduire. Traduire mot à mot en restant le plus vague possible n’est pas une solution acceptable. Vous devez toujours comprendre de quoi vous parlez et pour cela, éliminer toutes les zones d’ombre. Posez des questions sur des forums d’entraide, lisez de la documentation sur le sujet, prenez du recul par rapport au texte et en dernier ressort, interrogez votre client.
  6. Respectez les délais. Commencez par bien estimer le temps qu’il vous faudra pour effectuer la traduction. Lisez le document source. Évaluez le temps de recherche nécessaire. Si votre client vous fournit 4 glossaires différents, prévoyez le temps de chercher la terminologie dans chacun, et de recouper les résultats. Lorsque vous acceptez ou fixez un délai, assurez-vous que vous pourrez l’honorer sans devoir réduire le temps de recherche ou d’auto-relecture.
  7. Respectez les consignes. Si votre client s’est donné la peine de préparer un guide de style ou une liste de consignes, c’est que pour lui, la qualité passe par là. N’oubliez pas que vous travaillez pour lui.

Pour résumer : soyez professionnels et rigoureux. Ne perdez pas de vue que vos clients sont des consommateurs qui achètent une prestation de service. Ils veulent en avoir pour leur argent, et s’ils ne sont pas satisfaits, ils ne reviendront pas, c’est aussi simple que cela.

Traducteurs débutants ou chevronnés, vos conseils sont les bienvenus pour étoffer cette liste. Faites-nous part de votre expérience !

Carrefour des métiers d’Orléans

lundi 10 janvier 2011

Vendredi et samedi derniers, l’APROTRAD présentait les métiers de la traduction au Carrefour des métiers d’Orléans.

J’y étais vendredi après-midi, pour assurer la permanence avec un collègue. Ayant eu la bonne idée d’arriver dès midi, j’ai découvert que le lycée hôtelier offrait aux exposants des petits fours plus exquis les uns que les autres et un apéritif original et sympathique. Je m’inscris d’ores et déjà pour l’année prochaine !

Du point de vue de l’information cependant, l’expérience m’a laissée sur ma faim. Le carrefour des métiers s’adresse à des élèves de 3e, un peu trop en amont, donc, pour nous.

Plusieurs catégories d’élèves se sont arrêtés sur notre stand cet après-midi-là.

L’efficace : il a sa liste de questions (en-quoi-consiste-votre-métier/dans-quel-lycée-faut-il-aller/combien-d’années-d’études-faut-il-faire) à remplir, histoire de prouver à son prof principal qu’il a bien rencontré différents métiers. Il ne s’intéresse absolument pas à la traduction ni à l’interprétation.

L’intrigué : flânant de notre côté, il est étonné par notre panneau « Traducteurs et interprètes » et, ayant un peu de temps à tuer, vient nous demander « ce que c’est, au juste, notre métier ». Personnellement, ça me fait plaisir de lui en donner une idée assez claire.

Le fourvoyé : il vient nous demander si « pour le journalisme, c’est bien ici ». Il n’est pas seul de sa catégorie, et nous finissons par comprendre que notre stand et le voisin (une école de design !) ont été décorés en jaune qui est la couleur des métiers de la communication pour le salon. Les aspirants journalistes espèrent donc que nous pourrons les aiguiller…

L’accompagné (par ses parents) : il traîne un peu les pieds, lit nos affichettes pour avoir l’air de participer et, après avoir écouté les grandes lignes de notre discours, se tourne vers ses parents d’un air interrogateur. Et les parents, qui ont posé toutes les questions, soupirent d’un air excédé que c’est LUI qui doit savoir si ça l’intéresse !

L’espoir : il parle déjà plusieurs langues (deux jeunes que j’ai vus maîtrisaient la langue des signes) et se demande sincèrement s’il pourra en faire son métier. En répondant à celui-ci, j’ai l’impression de semer une graine qui germera peut-être dans quelques années.

Bilan mitigé pour moi, donc. Mais une très bonne après-midi partagée avec des collègues !

Carrefour des métiers – compte-rendu

samedi 27 février 2010

Ce matin s’est déroulé à Blois, au lycée Augustin Thierry, un Carrefour des métiers destiné aux élèves de seconde. À mon grand stress, j’y présentais le beau métier qui est le mien. J’appréhendais un chouïa, j’avoue, car la dernière fois que je me suis trouvée dans une classe avec une bande de lycéens remonte à l’époque préhistorique où j’étais moi-même lycéenne.

Le défi était d’autant plus ambitieux que les élèves étaient OBLIGÉS d’aller écouter pérorer trois intervenants. Je savais donc que j’allais devoir m’adresser à des jeunes pas forcément intéressés par la traduction. Pour tout vous dire, j’ai craint de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir les intéresser…

Mais aussi, j’étais très curieuse de savoir ce qu’ils venaient chercher. Quelle idée avaient-ils du métier de traducteur ? Quand j’avais 15 ans, si je connaissais l’existence de cette profession, j’imaginais qu’il s’agissait de traduire des livres. Point. La vocation m’est venue bien plus tard, presque par hasard, à l’improviste en tout cas.

Eh bien cette matinée a été très agréable pour moi (et j’espère aussi pour mes interlocuteurs). J’ai rencontré des élèves au minimum curieux de ce métier, et certains dont c’était vraiment le projet. Leurs questions étaient pertinentes, j’ai découvert avec plaisir leurs préoccupations, qui n’étaient d’ailleurs pas forcément celles auxquelles je m’étais préparée.

J’ai aussi été surprise – et ravie – que deux professeurs de langues viennent m’écouter et s’informer sur la possibilité pour eux de réorienter leur carrière ou d’ajouter une corde à leur arc.

Comme j’avais apporté une petite liste de sites web utiles (notamment celui de Profession traducteur) dont le présent blog, j’ajoute ici quelques éléments complémentaires spécialement destinés à mes visiteurs de ce matin.

Notamment, j’ai eu beaucoup de questions sur l’interprétariat, auxquelles j’ai eu du mal à répondre. Voici un lien vers le site de l’association internationale des interprètes de conférence. Vous y trouverez des interlocuteurs mieux informés.

Il y a aussi une association des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel.

Et bien sûr, la Société Française des Traducteurs.

Vous pouvez me contacter par l’intermédiaire de ce blog si vous avez d’autres questions.

Le 28 février, Patricia commentait :

« Expérience intéressante, merci Sophie!
Vous évoquez les questions pertinentes et préoccupations des élèves à qui vous avez parlé. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
Merci d’avance ! »

Le 2 mars, Alejandro commentait :

« Je suis heureux d’apprendre que tout s’est bien passé au lycée. Si tu as reçu des questions pertinentes, c’est sûr qu’ils ont bien aimé ta présentation.
Moi aussi, je suis intéressé pour les questions et preocupations des élèves… »

Ma réponse :

« Comme questions auxquelles je ne m’attendais pas, il y a eu : « Est-ce que vous travaillez en équipe ? Et « Est-ce qu’on voyage beaucoup ? ».
En revanche, j’attendais pas mal de questions sur le salaire, mais je n’en ai eu qu’une ou deux (il y avait plusieurs groupes d’élèves).
On m’a notamment demandé si on gagne plus comme interprète ou comme traducteur. Et là, je n’ai pas su répondre…
Plusieurs élèves m’ont demandé s’il y avait une différence du tarif au mot entre les différentes langues. J’ai été surprise qu’ils connaissent le mode de facturation le plus courant.
Les échos qui continuent de me parvenir font plaisir : il semble que plusieurs élèves aient été séduits par ce métier. »

Patricia:

« Cela fait *vraiment* plaisir de voir que des lycéens se sont renseignés pour poser de bonnes questions. Seriez-vous partante pour faire remonter ces infos à la SFT, qui joue aussi un rôle pédagogique auprès des écoles? »

Ma réponse :

« Oui, bien sûr. »

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