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Etudes sur le marché européen de la traduction et traduction automatique

jeudi 25 février 2010

L’observatoire de la traduction publie une synthèse de l’étude de l’étude de la Communauté Européenne sur l’industrie des langues en Europe. Le compte-rendu de cette étude (426 pages en anglais) est téléchargeable gratuitement.

Je n’ai pas (encore) eu le temps de le lire entièrement, mais on y apprend, ce qui semble rassurant, que le taux de croissance annuel composé pour les prochaines années est estimé à 10 % minimum. Quant à savoir si nous autres, traducteurs simplement humains, contribuerons raisonnablement à cette croissance, je crains que ce soit un peu hasardeux, pour ne pas dire compromis. En effet, en piochant un peu au hasard dans cet énorme rapport (enfin, pas tout à fait au hasard, je commence par le résumé), je lis que la réticence des professionnels des langues à recourir aux traducteurs automatiques diminue, et qu’on peut imaginer que ceux-ci vont se développer pour répondre à des besoins de traduction qui explosent et pallier des compétences humaines insuffisantes.

Cela me renvoie à un article du Monde.fr un rien alarmant sur La montée en puissance de la traduction automatique. L’exemple de traduction faite par Systran m’a fait un peu froid dans le dos tant il semble difficile à distinguer d’un travail humain. En tout cas, en voyant ça, on peut tout à fait imaginer faire faire la trad par la machine et n’avoir qu’à la relire ensuite.

Heureusement, nous avons une botte secrète, nous les traducteurs humains vraiment intelligents. Et c’est assez paradoxal car nous passons pas mal de temps à pester contre ce qui est perçu comme un problème plutôt qu’une chance, je veux parler de la qualité des documents source. En traduction technique, s’entend. Il n’est pas rare d’avoir à traduire des documents qui semblent avoir été rédigés à l’arrache, en style plus ou moins télégraphique, avec des fautes de syntaxe qui appellent au contre-sens ou par des auteurs qui n’écrivent manifestement pas dans leur langue maternelle, etc. Quel casse-tête alors, de devoir deviner ce qu’il a bien pu vouloir dire… Bref, quand on connaît bien son sujet, on s’en sort là où un traducteur automatique ne peut pas, et à mon humble avis, ne pourra jamais s’en sortir.
Voilà mon mantra protecteur lorsque je lis ce genre d’info anxiogène…

Et je ne parle pas de la traduction littéraire, parce qu’il est pour moi évident qu’il faut non seulement un humain, mais un écrivain, pour traduire un livre avec la sensibilité requise.

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