Articles contenant ‘rédaction’

La réforme de l’orthographe

Samedi 13 mars 2010

Un ensemble de rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française ont été approuvées par l’Académie française et publiées en décembre 1990 dans les « Documents administratifs » du Journal officiel. Ces rectifications ont pour but de résoudre les problèmes graphiques importants, d’éliminer les incertitudes ou les incohérences et de permettre la formation correcte des mots nouveaux qu’appelle le développement des sciences et des techniques. Elles rendront de surcroît l’apprentissage du français plus aisé et plus sûr.

Je me fais un peu l’effet d’un vieux tromblon accroché à des habitudes rancies et réfractaire au « progrès », mais j’ai vraiment du mal avec la nouvelle orthographe. J’ai lu, en long, en large et en travers les Documents administratifs du JO. Et je veux bien admettre que pour la plupart, ces rectifications sont fondées et logiques. Mais si je les croise dans une relecture, c’est plus fort que moi, je les corrige !

Je vous fais partager, un peu pêle-mêle, quelques règles et exemples qui me défrisent particulièrement.

Les deux éléments des noms composés d’un verbe et d’un nom ou d’une préposition et d’un nom restent au singulier quand le nom composé est au singulier. Au pluriel, seul le second élément prend la marque du pluriel : un pèse-lettre, des pèse-lettres ; un abat-jour, des abat-jours.

Un pèse-lettres sert à peser des lettres, un compte-gouttes à compter des gouttes, et des abat-jour, quel que soient leur nombre, ne rabattent que LE jour ! C’est comme les perce-neige, à quoi cela rimerait-il de les écrire perce-neiges ? Pour moi, il n’y a de neiges qu’éternelles ou d’antan. Mais celle que ces mignonnes clochettes percent à la fin de l’hiver, elle est indénombrable.

- l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots (exemples : qu’il fût, mûr)

(…)

Certes, le circonflexe paraît à certains inséparable de l’image visuelle de quelques mots et suscite même des investissements affectifs (mais aucun adulte, rappelons-le, ne sera tenu de renoncer à l’utiliser).

(…)

Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme.

Remarques :

- cette mesure entraîne la rectification de certaines anomalies étymologiques, en établissant des régularités. On écrit désormais mu (comme déjà su, tu, vu, lu), plait (comme déjà tait, fait), piqure, surpiqure (comme déjà morsure) traine, traitre, et leurs dérivés (comme déjà gaine, haine, faine), et ambigument, assidument, congrument, continument, crument, dument, goulument, incongrument, indument, nument (comme déjà absolument, éperdument, ingénument, résolument).

Et, en vrac, les « rectifications suivantes » :

apriori et statuquo, placébo et satisfécit, sénior et véto

absout et dissout, bonhommie, boursouffler, cahutte, charriot (même Word le corrige en remettant un seul « r » !), combattif et combattivité (ridicule, non ?), douçâtre, exéma, imbécilité, nénufar et ognon (ognon, je vous jure !), crachoter, grelotement et frisotis

J’aime bien l’indulgence qu’ils manifestent à mon égard (oui, je me range très immodestement dans « les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne », dans celles chez qui le circonflexe suscite un investissement affectif), en rappelant toutes les trois lignes que je pourrai continuer à orthographier « à l’ancienne » sans que ce soit faux.

Mais suis-je la seule à freiner des quatre sabots devant l’application de ces nouvelles règles ? Est-ce qu’elles vous gênent aussi ? Est-ce que vous les apprenez pour faire évoluer votre propre orthographe ?



Dictionnaire des cooccurrences de Termium

Jeudi 11 mars 2010

Connaissez-vous le dictionnaire des cooccurrences (2 o, 2 c, 2r) de Termium ? Depuis qu’on m’en a parlé il y a une quinzaine de jours, je le pratique de plus en plus.
Le principe est simple : vous cherchez à accompagner un terme particulier, soit parce que vous ne vous rappelez pas une formulation courante voire consacrée (une concurrence vive, une actualité brûlante, vouer une admiration, etc.).
Sur le page de recherche de Termium, dans la colonne de gauche, cliquez sur « Outils d’aide à la rédaction ». Dans la liste qui s’affiche toujours à gauche de l’écran, sélectionnez « Dictionnaire des cooccurrences ».
Ensuite, il suffit de cliquer sur l’initiale du terme à étoffer, puis de le chercher dans la liste.

Exemple, je veux traduire « major accident ». Mon cerveau tourne au ralenti ce matin, et ne me donne pas d’adjectif satisfaisant. Termium me propose une liste très fournie dans laquelle je n’ai plus qu’à faire mon choix :

accident

absurde, banal, bénin, douloureux, dramatique, dû à une erreur humaine/négligence, effroyable, épouvantable, évité de justesse, extraordinaire, funeste, futile, grave, (mal)heureux, horrible, idiot, imminent, impressionnant, imprévisible, inéluctable, inévitable, infime, insignifiant, isolé, lamentable, léger, menu, meurtrier, mineur, minime, mortel, petit, quelconque, regrettable, ridicule, sans gravité, spectaculaire, stupide, subit, suspect, terrible, tragique, triste, vulgaire.

Avoir, causer, conjurer, déplorer, détourner, engendrer, enregistrer, entraîner, envisager, éprouver, éviter, faire arriver, occasionner, prévenir, produire, provoquer, reconstituer, risquer, signaler, subir, susciter, voir un ~; échapper, parer, remédier, survivre à un ~; s’assurer contre un ~; être blessé/tué, mourir, périr dans un ~; réchapper, se ressentir, sortir indemne/sain et sauf, se tirer sans mal d’un ~; être auteur/cause/responsable/témoin/victime d’un ~; collectionner les ~s; mourir d’~. Un ~ a lieu, arrive, se produit, survient.

Malheureusement, cet outil n’est disponible qu’en français.



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...