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De l’utilité des réseaux de traducteurs indépendants

vendredi 9 mai 2014

À l’adolescence, j’étais une fan inconditionnelle des aventures de l’agent secret Langelot (bibliothèque verte).

Son visage charmant, son courage admirable, ses éternels dix-huit ans, son humour La devise de son organisation en particulier me ravissait : « Solitaires, mais solidaires »

Aujourd’hui, traductrice indépendante, je m’aperçois que cette devise nous va… eh bien justement, à ravir.

L’une des raisons pour lesquelles nous sommes indépendants, c’est que nous aimons travailler « en autonomie », être seul maître à bord, ne recevoir d’ordres de personne, j’en passe.

Cependant… travailler seul ne permet pas, à mon sens, de faire l’économie d’un réseau. Ne serait-ce que pour ne jamais dire « non » à un client ou un prospect.

Je ne dis pas qu’il faut tout accepter, bien sûr, mais ne jamais opposer une fin de non-recevoir à une demande d’un client doit être une règle d’or.

Par exemple, ne pas répondre « Hors de question de traduire ce document pour 0,03 €/mot », mais plutôt « Je serais heureux de traduire ce document, mon tarif pour ce travail est de xxx ».

À « 20 000 mots dans le week-end ? Impossible. », préférer « Si votre délai est absolument incompressible, il est possible de monter une équipe pour effectuer ce travail. Je dois cependant vous avertir que la qualité ne sera pas optimale en raison du peu de temps dont les traducteurs disposeront. » (sans oublier de préciser le tarif d’urgence)

L’idée, c’est qu’au bout du fil ou du clavier se trouve une personne qui a un problème ou un besoin. Et je crois fermement que notre devoir, pour être crédible, pour rester dans la mémoire de cette personne dans le tiroir « expériences positives », est de l’aider à résoudre ce problème ou à satisfaire ce besoin.

Pensez à l’impression très favorable que nous laisse un commerçant qui, n’ayant pas le produit que nous cherchons en stock, nous suggère gentiment d’aller voir chez son concurrent si nous n’avons pas le temps d’attendre qu’il soit réapprovisionné.

Nous avons tout intérêt à ce que les personnes avec qui nous entrons en contact se souviennent de nous en bien. Même la boulangère qui n’aura jamais de traductions à nous confier. Parce qu’un jour, elle entendra peut-être dans son entourage que quelqu’un a besoin d’un traducteur. Et qu’il lui sera alors facile de donner notre nom.

Malgré les apparences, je ne m’égare pas et je reviens à mes moutons solidaires.

Lorsqu’un client/prospect final nous propose un travail pour lequel nous n’avons pas les compétences nécessaires (combinaison de langues, spécialité, traduction/interprétation, etc.), il est toujours préférable de répondre « Je ne peux pas m’en charger moi-même pour telle et telle raison, mais je vais vous recommander un collègue en qui j’ai toute confiance et qui sera à même de vous aider. »

Encore faut-il avoir un collègue de toute confiance à recommander.

Et pour cela, il faut avoir un réseau, je retombe sur mes pieds.

Être ouvert.

Discuter avec les autres de leurs spécialités, de leurs combinaisons linguistiques, de leurs méthodes de travail.

Travailler en équipe chaque fois que possible.

S’arranger pour connaître le nom des traducteurs que l’on relit et dont on apprécie le travail.

Deux retombées positives principales :

1. Le client, soulagé que vous l’ayez aidé à trouver une solution, pensera à vous dès qu’il aura un travail dans vos cordes.

2. Le collègue (que vous aurez pris soin d’informer de votre démarche) aura à cœur de vous renvoyer l’ascenseur lorsque l’occasion se présentera.

Et vous ? Avez-vous un réseau de collègues solidaires ? Comment l’entretenez-vous ? Je suis impatiente de lire vos commentaires !

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